10 octobre 2019
Kia Sportage VS Mazda CX-5 :la guerre des VUS compacts
Par: Marc Bouchard

Il est assez rare que l’on ait l’occasion de tester deux véhicules similaires. Plus rare encore le fait de pouvoir les essayer en même temps, sur les mêmes routes. Surtout quand cet essai est le fruit du hasard. C’est pourtant ce qui s’est passé au cours des derniers jours alors que j’ai eu l’occasion

Un essai qui s’est finalement étiré sur quelques jours et qui a permis d’évaluer la conduite des deux véhicules tant dans des conditions urbaines, que sur autoroute. Dans les deux cas, forces et faiblesses ont eu le temps de surgir et d’être évaluées.

Mazda CX-5

Il faut bien l’avouer, le Mazda CX-5 a gagné le cœur des amateurs de conduite depuis longtemps. Sa silhouette, assez différente de ses concurrents, lui permet de se distinguer allègrement sur la route. Surtout que ma version d’essai, le CX-5 Signature, était dotée de la robe rouge crystal, la spectaculaire couleur créée par Mazda.

Spectaculaire parce qu’elle affiche des reflets uniques et une véritable profondeur quand elle passe sous le soleil. Sérieusement, rares sont les véhicules qui ont autant de mouvements dans la peinture. Un excellent point pour Mazda.

Je dois avouer que j’aurais apprécié que ce souci du détail, et la qualité du design Kodo qui a permis de créer la silhouette du véhicule, se retrouvent aussi dans l’habitacle. Tous les intérieurs de Mazda proposent la même qualité de finition. C’est plutôt l’ergonomie qui plaît moins. Tout comme le système d’infodivertissement, dont le temps de réaction est d’une lenteur consommée, au point où il est facile de se tromper d’itinéraire avant que le GPS ne donne la véritable route à suivre.

La grande qualité de ce Mazda, cependant, c’est sa motorisation turbo et son dynamisme de conduite. En version haut de gamme, le moteur 2,5 litres turbo de 225 chevaux est absolument spectaculaire de douceur et de vivacité. Et que bien que les versions d’entrée de gamme proposent un moteur efficace, un autre 4 cylindres de 2,5 litres, mais de 187 chevaux, celui de la version haut de gamme se montre un peu plus poussif. L’investissement turbo vaut vraiment la peine ici.

Kia Sportage

Je l’avoue, je néglige souvent ce petit véhicule, pourtant fort agréable. Et doté d’une longue liste d’accessoires définitivement impressionnante pour le prix du véhicule. Car c’est là un des avantages indéniables du petit Sportage : il est outrageusement bien équipé pour un véhicule moins dispendieux que ses rivaux.

La qualité d’assemblage est aussi surprenante (Kia et Hyundai ont progressé à vitesse grand V dans ce domaine), et l’ergonomie du système d’infodivertissement, notamment, est à souligner. J’aurais aimé un peu plus de douceur de roulement, le Sportage ayant choisi d’afficher une personnalité plus sportive, ce qui se traduit par des suspensions un peu plus rigides que ne le souhaitait mon petit popotin vieillissant.

Un bon mot pour la motorisation qui, même dans sa plus élémentaire forme (un 4 cylindres 2,4 litres de 181 chevaux), permet d’offrir une performance plus éclatante que prévu. Évidemment, ceux qui ont plus de budget opteront pour le moteur 2,0 litres turbo de 237 chevaux qui, définitivement, est plus vif et nerveux que son petit frère.

En revanche, la différence n’est à mon avis pas suffisante pour payer l’extra. À moins de vraiment vouloir la puissance supplémentaire, la version d’entrée de gamme du moteur est largement suffisante et efficace. Un bon mot aussi pour l’espace de rangement du véhicule, qui est plus facile d’accès que celle de son rival.

En résumé

La compétition est féroce. Les deux petits utilitaires compacts évalués ont leurs forces et leurs faiblesses. Mais au-delà de leurs qualités propres, c’est d’abord leur personnalité qui les distingue. Le Kia Sportage se donne une allure sportive, mais outre les suspensions, joue un peu plus la carte du confort malgré tout.

Quant au Mazda CX-5, c’est le plaisir de conduite qui l’a toujours distingué, et c’est encore plus vrai aujourd’hui, surtout dans sa version turbo. L’évaluation doit donc tenir compte de ces particularités. Mais elle doit aussi prendre en compte des éléments plus objectifs comme les garanties (Mazda propose une garantie sans limite de kilométrage), les coûts d’entretien (généralement moindres chez les Coréens), et la consommation d’essence, étonnamment moins élevée chez Mazda.

Pour ces raisons, et parce que j’aime mieux son style, j’opterais pour le Mazda CX-5 dans cette comparaison. Le Kia Sportage perd en effet des points en matière de rigidité de suspensions. Il en gagne d’autres au niveau de l’équipement, mais mon confort personnel prend le dessus. Simple question de choix!

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