23 septembre 2020
Portrait d’artiste
Josée Tellier, l’artiste aux mille talents
Par: Olivier Dénommée
Josée Tellier pose à côté du diptyque Beautés classiques qui a raflé le premier prix en art figuratif dans le cadre de l’exposition-concours de l’AAPARS en 2019. Une œuvre qui a demandé « presque trois semaines de travail à temps plein » à l’artiste.
Photo François Larivière | L’Œil Régional ©��

Josée Tellier pose à côté du diptyque Beautés classiques qui a raflé le premier prix en art figuratif dans le cadre de l’exposition-concours de l’AAPARS en 2019. Une œuvre qui a demandé « presque trois semaines de travail à temps plein » à l’artiste. Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

Dans une autre vie pas si lointaine, la Belœilloise Josée Tellier était violoniste, jouant professionnellement dans les orchestres symphoniques pendant plus d’une trentaine d’années. Aujourd’hui, elle séduit partout où elle expose avec sa peinture architecturale en trois dimensions. L’Œil Régional a rencontré cette artiste de plus en plus incontournable dans la région.

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En voyant de près le détail qu’elle accorde à chacune de ses toiles qui sont aussi des sculptures en bas-relief, dur d’imaginer que Josée Tellier n’a commencé à consacrer sa vie aux arts visuels il y a une dizaine d’années seulement. Mais justement, c’est le bagage de toute une vie et sa passion pour l’architecture qui lui permettent de se démarquer comme elle le fait aujourd’hui. « J’ai de l’intérêt pour le patrimoine architectural depuis toujours. Et on est chanceux au Québec parce qu’on a à la fois l’architecture française et anglaise! Les maisons me parlent », résume celle qui adore « jouer avec la matière » dans ses œuvres, même si « c’est dur sur le corps » vu la précision et l’effort demandés pour obtenir un tel résultat.
Les arts visuels ont toujours fait partie de la vie de Josée Tellier, qui a réussi à en faire une seconde carrière après avoir brusquement dû mettre fin à celle de musicienne. « J’ai toujours dessiné et je suis manuelle. Dans ma maison, je m’étais improvisée architecte et contracteur; il n’y a pas un outil chez moi que je ne sais pas utiliser. Je ne suis pas devenue artiste du jour au lendemain, c’est une expertise que j’ai développée toute ma vie », explique celle qui a commencé ses premiers cours de peinture entre 2005 et 2010 tout en poursuivant sa carrière de violoniste à ce moment-là.
Puis, en 2010, Mme Tellier est tombée malade, la clouant au lit de longs mois et l’empêchant de pratiquer son instrument. Un accident de vélo en 2011 a définitivement mis fin à la pratique du violon, mais elle a vite trouvé sa planche de salut dans les arts visuels. « J’ai été privilégiée qu’il m’arrive ça parce que la peinture m’attendait au détour. Si je n’avais pas eu l’art, je ne pense pas que ma santé mentale aurait tenu le coup. La peinture m’a sauvée à bien des reprises. » Et, même dans les arts visuels, Josée Tellier doit beaucoup à son bagage de musicienne classique. « Jouer du violon, ça prend de la discipline, mais ça cultive aussi l’orgueil – un orgueil positif qui nous force à nous dépasser. »

Créations émotives
Les œuvres de Mme Tellier mettent en valeur l’architecture patrimoniale, mais l’artiste se donne la liberté de réimaginer les maisons comme bon lui semble tout en ajoutant des personnages ou des objets que lui inspirent ces maisons. Cela a donné lieu à bien des anecdotes nées d’heureuses coïncidences artistiques. « À Mont-Saint-Hilaire, sur le chemin des Patriotes, il y a une maison très connue avec des yeux de bœuf sur la façade. Je l’ai faite en peinture en changeant la couleur de la maison et j’y ai ajouté une petite fille rousse habillée d’une certaine couleur qui lisait. Une dame a vu ma toile et m’a appris qu’elle était la propriétaire de la maison. C’était une dame rousse qui s’habillait de la même couleur que la jeune fille et la couleur que j’ai choisie pour la façade était celle qu’elle aurait voulu avoir pour sa maison », relate-t-elle.
Une autre de ses œuvres a fait pleurer une dame qui a reconnu la maison dont elle avait hérité de sa mère décédée. « Elle n’avait jamais pu restaurer la maison à son goût. Sans le savoir, j’avais peint la maison de rêve de sa mère et j’avais même utilisé sa couleur préférée. Elle est partie avec la toile! » Depuis, Josée Tellier cogne aux portes pour demander aux propriétaires s’ils souhaitent lui partager l’histoire de leur maison. Et rares sont ceux qui ne sont pas bavards.

De l’AAPARS à l’AIBAQ
L’ascension de Josée Tellier a été pour le moins fulgurante, elle qui a fait ses premières armes à l’Association des artistes peintres affiliés de la Rive-Sud (AAPARS) dès 2010. Depuis, elle cumule les coups de cœur en symposium et les distinctions à l’international, puis a été invitée à joindre les regroupements du Mondial Art Academia (où elle est depuis quelques mois officier et l’ambassadrice du Québec) et de l’Académie internationale des beaux-arts du Québec. Des reconnaissances qui la motivent à poursuivre son travail acharné. « Simplement faire partie du Mondial, un regroupement dont les membres sont triés sur le volet, c’est impressionnant. Je me considère comme une artiste ordinaire parmi des maîtres, alors ça m’incite à me dépasser pour être à la hauteur de ces gens de grand talent », reconnaît-elle humblement.

Dur de se réinventer
En temps de pandémie, le mot d’ordre pour les artistes était de « se réinventer » . Le coup a été dur pour Josée Tellier, qui a besoin de rencontrer les gens, chose que les symposiums lui permettaient de faire. « Rencontrer le public, c’est un de mes grands motivateurs. J’ai beau essayer d’augmenter ma présence en ligne, c’est en personne que l’on voit vraiment le travail que je mets sur mes œuvres. » En effet, les photos ne rendent que rarement justice au relief de ses toiles, qui incorporent aussi fréquemment le verre parmi les médiums utilisés. « Même si les gens ne doivent pas toucher, je dois laver les vitres dans mes toiles lorsque je reviens d’un symposium parce que les visiteurs ne peuvent pas s’en empêcher! », mentionne-t-elle en riant.
Et malgré cette difficulté supplémentaire, Josée Tellier n’a aucune intention de changer son approche à l’art. « J’ai pensé que je ferais plus d’expérimentations que ça, mais j’ai eu une phase exploratoire il y a environ 2 ans, mais ce n’était pas moi d’aller dans une autre direction. C’est comme ça que je fais et c’est comme ça que j’aime le faire! Je ne suis pas tannée de mon approche et les gens qui ont vu mes tableaux savent à quoi s’attendre en achetant un Josée Tellier », soutient la Belœilloise. Elle admet toutefois avoir commencé à intégrer davantage de voitures anciennes à ses toiles, un thème qui lui plaît pour le moment… en plus de lui donner un prétexte pour ajouter du verre à ses œuvres!
Envie d’en savoir plus sur l’artiste et de voir ses œuvres de plus près? Elle est disponible sur rendez-vous via son site joseetellier.com.

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