18 septembre 2019
« J’habite un quartier qui est malade »
Par: Sarah-Eve Charland

Le Vieux-Belœil Photo Sarah-Eve Charland | L’Œil Régional ©

Bien que ce ne soit pas son district, Réginald Gagnon habite le secteur depuis 16 ans. Photo Sarah-Eve Charland | L’Œil Régional ©

Le Vieux-Belœil est loin d’être en grande forme alors que de nombreux commerces ont fermé leurs portes au cours des dernières années. C’est ce qu’a observé le conseiller municipal qui habite le secteur, Réginald Gagnon.

Une « rencontre de cuisine » (voir texte pages 4 et 5) où les plans d’un projet de construction à l’emplacement de l’ancien IGA sur la rue Guertin a permis à des résidents d’exprimer leurs préoccupations touchant le milieu de vie du quartier auprès du conseil de ville.

Plusieurs citoyens ont tenu à dire que le quartier n’avait pas besoin de logements, mais de commerces. Réginald Gagnon a profité de l’occasion pour prendre la parole. Après avoir lu une longue liste de fermetures de commerces qui se termine notamment avec celle de Gâte-Toi, il se demande si la solution passe réellement par l’arrivée de nombreux commerces.

« Je ne crois pas que ce soit ça. On a un quartier qui souffre, qui n’est pas en forme. Il y a présentement des commerces à vendre. Ils ne sont pas tous affichés. Si vous obtenez l’information, vous allez savoir qu’il y a plusieurs restaurants, et pas les pires en plus, qui sont à vendre et qui sont à vendre depuis longtemps. La crêperie a été à vendre depuis plus d’un an et demi. Elle a été vendue notoirement en bas du prix qui aurait dû être obtenu. J’habite un quartier qui est malade, qui dépérit », observe-t-il.

Pendant l’été, c’est la manne pour les commerçants, reconnaît-il. Le quartier connaît une belle popularité auprès du tourisme. Toutefois, en hiver, les touristes ne fréquentent plus le secteur.

« Le quartier que j’habite et que j’aime est vide. Il est dépeuplé. Et pourquoi? Prenez les commerces, enlevez-les. Il ne reste pas grand-chose. On est une poignée à habiter le Vieux-Belœil. Il faut aller à six ou sept rues plus loin pour trouver des familles. Le problème du Vieux, ce n’est pas qu’il manque de commerces, il manque de monde. Il faut qu’il y ait des familles qui font en sorte qu’on ne perdra pas deux boulangeries en l’espace de deux ans. Ce sont des commerces qui vivent l’été et qui espèrent faire des réserves suffisantes pour traverser l’hiver. »

Il y a 16 ans, M. Gagnon a choisi de quitter Saint-Bruno-de-Montarville pour venir habiter le Vieux-Belœil. « J’entends souvent que ceux qui sont nés à Belœil ont plus le droit de parler de Belœil que ceux qui ne viennent pas de Belœil. Ce qui est erreur parce que ceux qui sont nés ici, ont grandi et sont restés ici n’ont pas fait le choix. Je vivais à Saint-Bruno et j’ai choisi le Vieux-Belœil. J’y reste et il y a des problèmes. […] Je souhaite que ça nous amène à une réflexion », a-t-il dit.

Un quartier délaissé?

Émotive, la propriétaire du commerce L’Antilope, Nathalie Bardier, a démontré sa déception des orientations de la Ville prises pour le développement du quartier notamment avec le Carré Saint-Jean-Baptiste et le terrain de l’ancien IGA.

« On n’est pas capable d’aller chercher des budgets pour rendre ça plus champêtre et chaleureux? On dirait que les bâtisses sont froides. Je ne vois pas de charme […]. Ça fait 29 ans que je suis en affaires. J’ai vu beaucoup de choses ouvrir, fermer. […] Pour les gens qui sont déjà installés, on dirait que tout a été abandonné : les trottoirs, les pavés, le panneau à côté de l’église. Ce qui est là n’est pas entretenu. Le noyau du Vieux-Belœil, on dirait que vous essayez de le fermer avec des logements », s’inquiète-t-elle.

La mairesse de Belœil, Diane Lavoie, a tenu à mentionner que le quartier est loin d’être délaissé. La revitalisation du Vieux-Belœil fait partie des priorités. La Ville a notamment une coordinatrice au développement économique et a mis en place un comité d’embellissement, mentionne-t-elle.

« On a tout le temps eu cette préoccupation. Le secteur est aussi important. À partir du IGA, on voyait une cassure. Le secteur du Carré Saint-Jean-Baptiste ne faisait pas partie du Vieux-Belœil. On veut repousser les limites pour que le Vieux-Belœil soit plus grand, qu’il y ait des commerces de proximité. […] Dans les dernières années, on a investi pour l’esplanade en face de l’église, le Plateau Michel-Brault et le stationnement écologique. Tout le monde voudrait son secteur le plus beau possible. Malheureusement, Belœil c’est grand. Ne dites pas que le secteur du Vieux-Beloeil a été négligé. »

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