2 novembre 2017
#jedisnon : une mise à jour nécessaire sur le consentement
Par: Olivier Dénommée
Patrick Lincourt et deux amis ont eu envie de faire leur part pour combattre le harcèlement.
Photo François Larivière | Le Courrier ©

Patrick Lincourt et deux amis ont eu envie de faire leur part pour combattre le harcèlement. Photo François Larivière | Le Courrier ©

La vague de dénonciations lancée par les accusations portées contre le producteur de cinéma américain Harvey Weinstein a visiblement fait des petits : un peu partout dans le monde, des gens se lèvent pour dénoncer les agresseurs et les harceleurs, et la population prend conscience que trop de gens, surtout des hommes, se croient tout permis. Cela a permis l’émergence de la Reject Hotline aux États-Unis, puis du numéro Anti-relou en France. C’est maintenant au Québec de se doter de #jedisnon.

C’est un employé du COURRIER de Saint-Hyacinthe, Patrick Lincourt, et deux de ses amis qui ont décidé de prendre la balle au bond pour lancer le 30 octobre une version québécoise pour ce mouvement servant à se débarrasser d’une personne qui insiste trop pour obtenir son numéro de téléphone.
«Je n’ai pas particulièrement connu de cas où les filles de mon entourage se faisaient harceler, mais avec tout ce qui se passe dernièrement, il y a des moments où je suis un peu gêné d’être un gars. C’est un peu une façon pour moi de faire ma part pour combattre le problème et faire réaliser à certaines personnes qu’elles sont harcelantes», soutient Patrick Lincourt, qui voit #jedisnon comme un outil parmi d’autres, et non comme une solution définitive pour enrayer le harcèlement. Différents numéros, selon les régions du Québec, sont associés à l’initiative, et les Maskoutains qui souhaitent se débarrasser d’une personne insistante sont invités à donner le numéro 450 300-0477 (Rive-Sud de Montréal) pour s’en sortir. Les personnes qui utiliseront ce numéro seront avertis que la personne qui leur a remis ce numéro n’était pas à l’aise de partager son vrai numéro.
Au moment d’écrire ces lignes, 410 appels et 570 textos avaient été envoyés à un des numéros associés à #jedisnon, même si le projet ne bénéficie pas encore d’une grande visibilité autre que par le bouche-à-oreille. Quelques publicités Facebook sont envisagées pour informer la population de cette initiative, et une campagne de sociofinancement est déjà en cours pour permettre à cet outil de perdurer. Par exemple, il est mentionné qu’un simple don de 5 $ permettra de sensibiliser plus de 250 personnes à l’importance du consentement.
#isayno
Selon la réponse que le mouvement suscitera, une version anglophone, adressée pour le reste du Canada, est prête à être déployée. Quant au numéro Anti-relou en France, celui-ci a subi une attaque de cyberharcèlement forçant la suspension du service. Patrick Lincourt et ses associés se disent prêts à éventuellement partager leur expertise pour remettre cette initiative sur les rails.
Pour en savoir plus sur #jedisnon et son fonctionnement, consultez le site jedisnon.ca.

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