24 octobre 2016
Jean-Pierre Charbonneau toujours fidèle au PQ
Par: Denis Bélanger
Jean-Pierre Charbonneau.

Jean-Pierre Charbonneau.

Dix ans après avoir quitté la vie politique, l’ancien député de Borduas Jean-Pierre Charbonneau n’a jamais renié sa famille politique qu’est le Parti québécois. D’ailleurs, il est plus optimiste que jamais pour l’avenir du PQ avec Jean-François Lisée aux commandes.

«La dynamique a changé avec Lisée. Il a un bon ego, mais ça en prend un pour diriger. Il est intelligent et lit bien. L’important, c’est ta moyenne au bâton; tu ne fais pas des circuits à tous les coups.  Il est resté low profile après l’avant-dernière course à la chefferie. C’est lui qui s’occupait du dossier des plus démunis. Il était très efficace», souligne M. Charbonneau qui, à son départ de l’Assemblée nationale, a renoncé à sa carte de membre en raison de son travail de commentateur politique à Radio-Canada. «Il y a aussi la conjoncture. Les gens en ont ras le bol. Ça fait depuis 2003 (avec un court intermède en 2012-2014) que les libéraux sont au pouvoir.»

Jean-Pierre Charbonneau reconnaît que les dernières années n’ont pas été reluisantes pour le PQ et ses chefs. Il n’a jamais senti qu’André Boisclair pourrait bien mener la barque. M. Charbonneau a d’ailleurs démissionné en 2006, car il ne se sentait pas capable de travailler sous son leadership. Pour ce qui est de Pierre-Karl Péladeau, le résident de Beloeil a toujours pensé que l’homme d’affaires n’était pas fait pour le poste, même si son «aura» charmait plusieurs militants. «Je ne pensais pas qu’il avait instinct d’homme politique. J’ai dit qu’il  devait accepter d’être le Parizeau de quelqu’un d’autre. Mais les gens voulaient que ce soit lui.»

Et finalement, dans le cas de Pauline Marois, quelques erreurs et un problème d’image auront eu raison de l’ancienne première ministre. «Il y a quelque chose d’injuste en politique. Avec toutes les années passées sous Charest, on aurait pu penser qu’elle aurait pu avoir un mandat majoritaire. Mais les gens ne le sentaient pas malgré toutes ses qualifications, comme ça semble être le cas avec Hilary Clinton.»

Militant dans le cœur

Jean-Pierre Charbonneau n’entend pas reprendre la vie politique. Mais certaines causes lui tiennent à cœur et il serait prêt à s’impliquer pour les aider à s’épanouir. Il ne resterait pas sur les lignes de côté s’il y avait un nouveau référendum. Selon lui, la souveraineté demeure le meilleur moyen de préserver l’identité de la majorité du Québec.

 

L’autre cause lui tenant à cœur est la réforme du mode de scrutin, combat qu’il avait entrepris en tant que ministre avant que le PQ perde les rênes du pouvoir en 2003.  Si le projet refait surface un jour, il serait prêt à jouer un rôle important.  Selon Jean-Pierre Charbonneau, l’actuel mode de scrutin est infect démocratiquement.

«On se retrouve gouverné par des gens qui ont 39% – 40% des voix. Pourtant, les différents courants politiques qui récoltent 8% ou 10% devraient avoir droit de citer au parlement. Un mode de scrutin mixte comme en Écosse […] fait en sorte que le parlement est représentatif. En Europe, les partis ont développé la culture de la coalition et les partis doivent ainsi faire des compromis.»

image