15 mai 2019
Programmation 2019-2020 à L’Arrière Scène
Jean-François Guilbault apporte sa couleur
Par: Olivier Dénommée
Serge Marois, fondateur de L’Arrière Scène, et Jean-François Guilbault, qui le rejoindra cet automne à la codirection artistique, ont préparé, sans le vouloir, une programmation sur le thème du legs. Photo Robert Gosselin | L’Œil Régional ©

Serge Marois, fondateur de L’Arrière Scène, et Jean-François Guilbault, qui le rejoindra cet automne à la codirection artistique, ont préparé, sans le vouloir, une programmation sur le thème du legs. Photo Robert Gosselin | L’Œil Régional ©

La dernière année a été mouvementée pour L’Arrière Scène, centre dramatique pour l’enfance et la jeunesse en Montérégie, qui a connu des changements dans son équipe. Parmi ces changements, notons l’arrivée d’un nouveau codirecteur artistique, Jean-François Guilbault, qui prend le relais de Simon Boulerice. La programmation 2019-2020 est le fruit de cette nouvelle collaboration.

Jean-François Guilbault a créé et codirigé Samsara Théâtre avec Liliane Boucher en 2009. Dans la dernière année, cette compagnie a été invitée pour une résidence à L’Arrière Scène, expérience concluante selon les principaux intéressés. « Je connais Jean-François depuis une dizaine d’années et je connais autant son talent que son intérêt pour le théâtre jeune public, explique Serge Marois. La saison qui vient de se terminer a servi à voir si c’était un bon match et ça a confirmé que c’était quelqu’un comme lui dont la compagnie avait besoin. »

Je suis chantier… en chantier
M. Guilbault quitte donc Samsara, mais garde d’excellentes relations avec Liliane Boucher, qui demeure à la barre de la compagnie. « La transition se fait de façon positive et nous travaillons en coproduction sur notre nouvelle création, Je suis chantier, dans laquelle je serai sur scène », précise-t-il.
Cette création est elle-même en développement, admettent ses créateurs. « C’est une écriture de plateau : on part d’improvisations et toute l’équipe travaille ensemble pour créer », explique Liliane Boucher, à la mise en scène de Je suis chantier. Les questions de philosophie, inspirées par l’écrivain Georges Perec, ont beaucoup alimenté cette création, avec des questions comme la construction de soi et son rapport à l’espace. Des questions sur notre rapport à la consommation et à l’environnement ont aussi été abordées. « Qu’est-ce qui est le chantier? Les personnages, la pièce, ou même le public? », demande Liliane Boucher. Pour connaître la forme finale de ce chantier, il faudra assister à la représentation familiale (pour un public de 5 ans et plus) le 17 novembre à 15 h!

Enjeux actuels
En plus de Je suis chantier, L’Arrière Scène présente cette année huit autres pièces, qui abordent presque tous des enjeux de société. « Conte du soleil (8 ans et plus, 8 décembre) traite de l’immigration de deuxième et troisième génération, Le problème avec le rose (6 ans et plus, 26 janvier), de l’identité de genre, Petite sorcière (version solo, 6 ans et plus, 8 mars), de consentement sous forme de conte, et Trois petites sœurs (8 ans et plus, 22 mars), de la question de la maladie et du deuil d’un enfant », résume Jean-François Guilbault, assurant que ces sujets aussi actuels que délicats sont bien abordés par les créateurs.
« Petite sorcière est proposée sous deux formes cette année, en solo et en quatuor. C’est le même texte, mais traité de deux façons différentes par la metteure en scène Nini Bélanger. Une formule comme ça, je n’ai jamais vu ça, c’est vraiment trippant! », enchaîne M. Marois. Quant à Trois petites sœurs, cette pièce a été écrite par celle qu’il considère comme « la reine de la dramaturgie jeunesse au Québec », Suzanne Lebeau.
Parmi les autres pièces qui se retrouvent dans la programmation 2019-2020 de L’Arrière Scène, on retrouve des œuvres plus ludiques, comme Mots de jeux (2 ans et plus, 27 octobre) sur le thème du langage, Les saisons du poulain (4 ans et plus, 5 avril), du théâtre reprenant les techniques traditionnelles de marionnettes à fils, et À travers mes yeux (3 ans et plus, 3 mai), une proposition colorée où la danse, les sons, les couleurs et les textures sont au rendez-vous.

Place à la nouvelle génération
En plus de Jean-François Guilbault, d’autres nouveaux visages ont fait leur apparition au sein de l’équipe de L’Arrière Scène ces derniers mois, un renouvellement que le fondateur de la compagnie accueille chaleureusement. « Du nouveau monde, ça apporte un nouveau regard et de nouvelles idées. La compagnie a quand même plus de 40 ans d’expérience dans le corps et a des assises solides. Ma génération tire tranquillement sa révérence pour laisser la place aux jeunes », conclut M. Marois, qui ne semble pas avoir peur pour la relève dans sa compagnie.

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