12 avril 2016
Jean Charest défend l’intégrité de son gouvernement
Par: L'Oeil Régional
L'ex-premier ministre du Québec Jean Charest.

L'ex-premier ministre du Québec Jean Charest.

FINANCEMENT. L’ex-premier ministre Jean Charest a dit lundi que le processus judiciaire ainsi que des enquêtes en cours permettront de déterminer si des malversations ont entaché les pratiques de financement des libéraux.

M. Charest a déclaré que son gouvernement avait agi de façon honnête, pendant les neuf ans où il a été au pouvoir.

Dans un point de presse, l’ex-premier ministre n’a pas commenté davantage les récentes informations montrant que certains ministres libéraux devaient récolter plus de 100 000$ en contributions politiques.

«J’ai connu de très belles années ici en politique québécoise, a-t-il dit. J’ai été à la tête d’un gouvernement honnête, intègre.»

À la suite d’un événement sur la place des femmes en politique, auquel il participait lundi à l’Assemblée nationale, M. Charest a rappelé la dissidence du commissaire Renaud Lachance dans le rapport de la Commission Charbonneau.

L’ex-premier ministre a souligné que M. Lachance n’a relevé aucun lien entre l’octroi de contrats publics et le financement des partis politiques.

«Renaud Lachance, un des commissaires, a écrit qu’après quatre ans de travaux, ils n’avaient pas entendu de preuve qui faisait de lien entre le financement, la collusion, la corruption, a-t-il dit. Alors j’ai pris bonne note de ça.»

La semaine dernière, le premier ministre Philippe Couillard s’est dégagé de toute responsabilité dans les pratiques de financement politique du Parti libéral du Québec (PLQ) avant son arrivée à la tête de la formation, en 2013.

Faisant référence à l’arrestation récente de l’ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau, et à la controverse qui a mené à la démission du ministre Sam Hamad la semaine dernière, M. Charest s’en est remis aux procédures en cours pour déterminer si des personnes sont responsables de malversations.

«Il y a deux processus qui sont engagés, les processus suivront leur cours», a-t-il dit.

La vice-première ministre Lise Thériault, présente au même événement que M. Charest lundi, a déclaré qu’elle n’était pas intéressée à trouver les responsables de ces pratiques.

«Qui est responsable? Moi ce qui m’intéresse ce n’est pas qui est responsable, a-t-elle dit. Nos pratiques ont été changées, on vit avec des nouvelles pratiques, qui sont saines.»

Mme Thériault a expliqué que les pratiques de financement en vigueur avant l’abaissement des contributions à 100$ étaient tributaires des lois en vigueur.

«Ce qui s’est passé avant 2012, on a fait avec les lois de l’époque, donc je remonterais au législateur, simplement, a-t-elle dit. Je pense que d’autres temps, d’autres mœurs.»

La semaine dernière, M. Couillard avait pris ses distances des pratiques en vigueur dans le précédent gouvernement libéral, dont il a fait partie pendant cinq ans à titre de ministre de la Santé, avant son retour comme chef du PLQ.

«Je prends la responsabilité du parti à partir de ma nomination comme chef, en mars 2013, a-t-il dit. J’assume le passé de l’institution et tout ce qui va avec, mais ma responsabilité personnelle a commencé au moment où j’ai décidé de me lancer en politique à nouveau.»

M. Charest, qui a été chef de 1998 à 2012, a refusé de commenter directement les propos de M. Couillard, préférant quitter après avoir fait sa déclaration aux journalistes.

«Voyez-vous, je ne suis pas en politique active et là j’ai la chance de pouvoir répondre aux questions», a-t-il dit lundi pour repousser les questions.

La Presse Canadienne

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