1 décembre 2014
Jacques Doucet livre ses secrets dans Mémoires d’un micro
Par: L'Oeil Régional
Jacques Doucet n'avait jamais pensé qu'un jour il lancerait un livre sur ses anecdotes de baseball.

Jacques Doucet n'avait jamais pensé qu'un jour il lancerait un livre sur ses anecdotes de baseball.

Les nostalgiques des Expos ou ceux qui veulent en apprendre davantage sur cette équipe ont une 3e chance de se mettre dans le bain du baseball à travers les récits du Longueuillois Jacques Doucet.

Après les deux tomes de Il était une fois les Expos le descripteur des matchs de baseball de l’équipe montréalaise pendant 33 ans lance Mémoires d’un micro, avec le même collaborateur, Marc Robitaille, aux éditions Hurtubise.

Si les deux premiers livres étaient une rigoureuse reconstitution des années des Expos, cette fois, les 295 pages de son bouquin sont plus personnalisées. Anecdotes, impressions et secrets s’y succèdent au rythme d’une balle rapide vers le marbre.

On en apprend beaucoup sur les beaux et difficiles moments vécu dans la carrière de Jacques Doucet. Il dit s’être censuré, mais il révèle le fond de sa pensée sur une foule de sujets. Après son cheminement et ses débuts dans le métier, on se retrouve vite dans l’action. Il y a eu les coups de cœur, son compagnon de pêche Felipe Alou, l’incontournable Gary Carter, les Woody Fryman, Bill Gullickson, Buck Rogers, Steve Rogers, Mel Rojas, Tim Burke, ses collègues du micro Claude Raymond (pendant 11 ans), Rodger Brulotte (16 ans) et tous les autres.

Les acteurs tels qu’il les a perçus

Mais l’histoire des Expos n’a pas toujours été aisée et certains acteurs ne sont pas épargnés.

Il a envoyé promener le légendaire arrêt-court Maury Wills peu après qu’il eu giflé un collègue journaliste. Il a confronté l’entraîneur Gene Mauch malgré l’admiration qu’il avait pour lui. Il note la suspicion que plusieurs avaient envers Claude Brochu; le manque de savoir-vivre du duo Loria et Samson; et la suffisance du dernier gérant des Expos, Frank Robinson. Il parle aussi de son équipe de rêve, dont Vladimir Guerrerro et les deux Martinez au bras d’or, Pedro et Dennis.

Jacques Doucet a souvent répété en tournée médiatique qu’il est arrivé dans le journalisme sportif par hasard, qu’il n’avait pas prévu un tel livre et que c’est grâce aux entraîneurs et joueurs de l’époque qu’il a pu acquérir les connaissances à la hauteur de sa passion pour le baseball.

«Pendant ma carrière, je ne pensais jamais que j’assisterais à la fin des Expos et d’aucune façon je pensais à raconter mes anecdotes. C’est vraiment venu de Marc Robitaille, pendant l’écriture des premiers livres. Gene Mauch m’en a aussi appris beaucoup. Il est devenu un peu plus impatient après la lune de miel du début à Montréal. Je l’ai confronté et nous avons eu un froid de deux semaines, mais il fut tout un mentor. Les entraîneurs [dont Felipe Alou] détestent les questions remettant en cause leur stratégie. En tant que descripteur plutôt que journaliste, j’ai appris à poser des questions neutres comme « Qu’est-ce qui a motivé telle décision? » plutôt que « Pourquoi tu n’as pas fait ça? ». Pour ce qui est des joueurs, Steve Rogers, Gary Carter ou Moises Alou m’ont expliqué comment ils se préparaient, réagissaient et en apprenaient sur les joueurs adverses.»

De Wills aux Martinez

Jacques Doucet n’a jamais regretté avoir utilisé des mots durs envers Maury Wills. «Je ne peux endurer qu’on insulte ou frappe un collègue», dit-il.

Celui qui a même aidé le joueur de 3e but Larry Parrish à se sortir d’une léthargie avec un simple commentaire – il le raconte humblement – a eu comme idole René Lecavalier.

Son moment magique? «Le match parfait de Dennis Martinez, le 28 juillet 1991. C’était le 13e dans l’histoire du baseball majeur et le 1er que je voyais.»

Il était aux premières loges quand l’infâme tandem Loria-Samson a congédié les adjoints de Felipe Alou pour le provoquer. «J’étais à la pêche avec lui le lendemain et il m’a dit qu’il ne broncherait pas. « Ils espèrent que je vais démissionner, mais je vais respecter mon contrat jusqu’au bout et n’accepterai aucun autre emploi tant que je n’aurai pas reçu ma dernière cenne », m’avait-il répondu et il a tenu parole.» Alou fut congédié plus tard.

Il n’est pas nécessaire de demander à Jacques Doucet son moment le plus émotif; il suffit de visionner sa dernière intervention comme descripteur des Expos, avant qu’il ne s’effondre en sanglots. «Ça prouve à quel point j’apprécie ce qui m’arrive. Je ne pensais jamais que je reprendrais le micro de baseball et qu’on entendrait parler du retour du baseball chez nous», conclut-il.

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