2 novembre 2018
Intimidation: une lutte aussi chez les aînés
Par: Karine Guillet
Le policier Éric Bouliane a demandé aux aînés de définir l’intimidation. Violence, moqueries, ridiculiser et forcer les autres à faire quelque chose sont les concepts qui en sont ressortis. Photo: Karine Guillet

Le policier Éric Bouliane a demandé aux aînés de définir l’intimidation. Violence, moqueries, ridiculiser et forcer les autres à faire quelque chose sont les concepts qui en sont ressortis. Photo: Karine Guillet

Déjà présents dans les écoles du territoire, les policiers de la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent luttent aussi contre l’intimidation dans les résidences pour aînés. Le policier sociocommunautaire Éric Bouliane anime des conférences sur l’intimidation de quatre à cinq fois par années chez les aînés.

Si l’on n’a jamais autant parlé d’intimidation dans les écoles, il faut parfois rappeler aux plus vieux que le fléau peut s’étendre jusque dans leurs milieux de vie. Certains cas ont même cheminé jusque sur le bureau des agents de la paix. Les policiers ont déjà dû procéder à l’arrestation d’un intimidateur dans une résidence, confie l’agent.
Lorsque les aînés de la résidence La Seigneurie sur le fleuve de Varennes ont reçu le policer sociocommunautaire, mercredi dernier, ils croyaient que celui-ci venait les entretenir de fraude. L’agent Bouliane explique qu’il évite souvent de dévoiler le sujet de la conférence parce que les interlocuteurs se sentent parfois moins concernés par le sujet, particulièrement les intimidateurs.
À plusieurs reprises, le policier a d’ailleurs noté que la société ne tolère plus aujourd’hui des gestes d’intimidation, même si les aînés n’ont parfois pas la même perception de ce phénomène. «Dans le temps, on [intimidait] pour faire rire les autres, a-t-il expliqué. On ne voyait pas les conséquences. Mais en 2018, ce que je vous dis, c’est que ces gestes-là [d’intimidation] sont à proscrire parce que la société ne les tolère plus.»

Le rôle des témoins
Durant la conférence, le policier a notamment amené son auditoire à réfléchir sur la notion d’intimidation et sur les impacts et les solutions qui existent à travers la discussion. Il a également présenté des capsules vidéos, issues d’une campagne de sensibilisation destinée aux aînés, réalisée par plusieurs partenaires de la MRC Thérèse-de-Blainville, qui présentaient des situations variées.
Le policier a d’ailleurs insisté à plusieurs reprises sur l’importance de dénoncer. Lorsqu’il a demandé aux personnes présentes si elles seraient à l’aise de dénoncer des gestes d’intimidation, la réponse s’est d’ailleurs faite timide à cet égard. «Vous pouvez être une victime d’intimidation, un intimidateur, mais souvent un témoin. Les témoins ont un rôle primordial à jouer. Il faut que vous preniez votre place quand vous êtes un témoin.»

Impact
Le public a religieusement écouté le policier ce jour-là, et plusieurs se sont arrêtés pour le remercier à la sortie. M. Bouliane confie que l’intervention devient parfois émotive: il a parfois vu des aînés profiter de la conférence pour s’ouvrir sur ce qu’ils vivent ou confronter leur intimidateur. Certaines résidences où il a d’ailleurs déjà donné la conférence lui ont témoigné que l’intervention avait eu un réel impact sur la qualité de vie. Le directeur de la résidence de Varennes, Maurice Montbleau, se dit pour sa part confiant que la conférence sera bénéfique. «Je suis convaincu que j’en aurai des échos des résidents.»

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