25 mars 2021
Indifférence et laisser-faire envers le Richelieu
Par: L'Oeil Régional

Il est étonnant de voir comment la rivière Richelieu suscite aussi peu d’intérêt de la part de nos dirigeants, et cela, à tous les niveaux de gouvernement. L’état de déla- brement de notre rivière, qui représente pourtant un joyau inestimable pour notre région, aurait dû sonner l’alarme depuis belle lurette.

Publicité
Activer le son

Très rarement sommes-nous témoins d’informations, et encore moins de projets, qui nous éclairent comme citoyens sur l’état de la qualité de ses eaux, la menace des espèces qui y vivent, la détérioration de ses berges ou encore la quantité de nos eaux usées déversées.

Si l’information citoyenne est à la base du progrès social, elle est aussi de la responsabilité de nos dirigeants. Or, dans ce cas-ci, disons que le mot d’ordre de ces derniers est plutôt silence radio! Il y aurait pourtant beau- coup à dire et à faire sur le sujet!

D’abord, le Richelieu est envahi par nos eaux usées. Parce que nos infrastructures municipales s’avèrent de plus en plus insuffisantes pour traiter nos eaux usées, celles-ci ne cessent d’être déversées directement dans la rivière, et cela, de façon croissante année après année. En 2019, les ouvrages municipaux d’assainissement des eaux usées (OMAEU) de notre région ont effectué plus de 3800 déversements incontrôlés pour un total de 26 448 heures en continu. […]

Et on nous dit que ces déversements ne font que s’accentuer année après année, s’ajoutant au cortège de pesticides et d’intrants chimiques en provenance des terres quasi exclusives en maïs-soya. De quoi certes informer, sinon alarmer toute une population de plus en plus avide d’un environnement plus sain et responsable.

Que faire? D’abord, en parler davantage et surtout informer correctement la population sur ces enjeux. La soi-disant indifférence de la population est d’abord le résultat d’une méconnaissance des enjeux et, dans le cas du Richelieu, sa détérioration n’est pas toujours du domaine des choses apparentes.

Ensuite, agir. Il est étonnant de voir comment les plans stratégiques de nos MRC et de nos municipalités restent des documents d’une grande abstraction et aussi combien ils restent muets sur les véritables conditions et enjeux de notre rivière.

Et enfin, adopter des mesures concrètes. On sait très bien à quel point nos infrastructures municipales retar- dent sur les besoins du milieu en matière de traitement des eaux usées et aussi que les ressources financières se font rares pour combler ces besoins.

À titre d’exemple, le traitement de nos eaux usées fait face au défi de l’explosion démographique dans plusieurs secteurs. Ne pourrait-on pas exiger des promoteurs immobiliers qu’ils versent un pourcentage en argent (1 % ou 2 %) de la valeur de leurs nouvelles constructions à l’amélioration de nos infrastructures pour les eaux usées?

Les solutions pour le développement et la protection de notre rivière ne manqueront pas si et seulement si la population riveraine et amie du Richelieu est elle-même bien informée et mise à contribution.

Pierre-Paul Gareau
Saint-Antoine-sur-Richelieu

image