23 octobre 2015
Il était passionné de courses de moto
Par: L'Oeil Régional
Jean-Marc Gagné était un amateur de courses de moto.

Jean-Marc Gagné était un amateur de courses de moto.

TÉMOIGNAGES. Jean-Marc Gagné vivait à 100 milles à l’heure, raconte son père Jean-Pierre. Le jeune homme de Beloeil, décédé à la suite d’un accident de la route à Saint-Mathias-sur-Richelieu, était un véritable passionné de vitesse, de voiture et de moto.

«C’est un génie de la mécanique. Tu lui montrais une fois et il savait mieux que celui qui lui avait montré», se souvient au téléphone Jean-Pierre Gagné.

Son fils de 26 ans a succombé à ses blessures à l’hôpital après avoir percuté un arbre avec sa voiture dans la nuit du 18 octobre. L’enquête se poursuit, mais selon la police, la vitesse est possiblement en cause.

Jean-Marc Gagné s’était dirigé en mécanique dans le but de monter des autos pour des circuits. Souhaitant aller encore plus vite, il s’était acheté une moto de course d’un ancien champion.

Alors qu’il n’avait jamais touché à une moto de sa vie, Jean-Marc s’est rapidement démarqué sur les circuits. «À sa première course, il a fini dans le top 10», témoigne son père encore sous le choc. Il avait été nommé recrue de l’année et avait réussi à obtenir ses licences professionnelles.

Un bon travaillant

Sa passion pour les moteurs se reflétait dans son gagne-pain. Depuis septembre 2014, Jean-Marc Gagné travaillait comme technicien automobile chez Hyundai Casavant à Saint-Hyacinthe.

«Tout ce qui fonctionne à l’essence pour lui, que ce soit une moto, une auto, c’est la passion qu’il avait. […] Quand tu es passionné, tu fais toujours un excellent travail», indique le directeur des opérations, André Robitaille.

Il parle de son ex-employé comme d’un bon travaillant et quelqu’un d’assidu.

«C’est un fonceur qui ne se contente pas du médiocre. Il faut que ce soit bien fait», souligne Jean-Pierre.

Plutôt discret, Jean-Marc savait quand même se démarquer par son audace, ses prouesses et son agilité, mentionne son père.

La courbe

L’endroit où la voiture de Jean-Marc Gagné s’est enflammée après avoir été accidentée, sur le chemin des Patriotes, a été le théâtre de plusieurs accidents dans les dernières années en raison d’excès de vitesse, selon des résidents du secteur.

La limite de vitesse établie est de 50 km/h, mais ils indiquent qu’elle est fréquemment non respectée. «Dans la noirceur, il y en a qui passe assez vite. Il y a eu quatre ou cinq accidents en cinq ans. Il y a plusieurs personnes qui roulent à 75 ou 80 km/h», affirme Pierre Chartier, qui est venu en aide à la victime, finalement décédée.

«Chaque roche représente un accident. Je n’ai pas mis ça là pour l’apparence. Il y deux ans, une voiture est entrée en trombe sur mon terrain. Elle est passée à deux pieds de moi pour arracher le poteau de téléphone et pour aller s’accrocher sur un autre poteau plus loin. Ça roule en fou ici. Il va falloir faire quelque chose, installer des photos radar ou je ne sais quoi», soutien Richard Morel, qui a été témoin de l’accident.

Trois à neuf blessés par année

La Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent confirme que plusieurs accidents se sont produits sur le chemin des Patriotes. Ses données démontrent qu’il y a eu entre 13 et 25 accidents matériels par année de 2010 à 2015, dont de trois à neuf accidents avec blessés par année pour la même période.

La Régie a décidé d’augmenter la surveillance policière, et ce, même si une patrouille y est effectuée régulièrement.

«C’est une zone connue où il y a un fort débit de circulation et des risques d’accident. C’est pourquoi nous y allons. Désormais, une attention particulière sera portée à ce secteur», affirme le sergent Pierre Tremblay.

Pour le moment, la Régie n’envisage pas d’effectuer d’autres changements sur le chemin des Patriotes, sauf si l’enquête détermine que l’environnement est l’une des causes de l’accident.

Avec la collaboration d’Adaée Beaulieu

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