3 février 2017
Ian Lafrenière : policier, pompier et formateur de l’UNESCO
Par: L'Oeil Régional

REPORTAGE. Personnalité médiatique bien connue pour son ancien rôle de porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Ian Lafrenière donne aussi des formations dans plusieurs pays de l’UNESCO depuis quatre ans, en plus d’être pompier volontaire dans sa ville de Mont-Saint-Hilaire.

Depuis plusieurs années, l’UNESCO s’implique dans plusieurs pays, principalement en Afrique, pour faire une transition dans de nouvelles démocraties. Voulant offrir des formations sur la liberté d’expression, l’UNESCO a demandé aux pays francophones de soumettre des noms.

«Mon nom a été soumis sans que je le sache. J’ai appris par la suite que j’avais été choisi. J’ai travaillé à la première étape qui était la rédaction d’un livre de formation. Ce livre est disponible en français et en anglais et le sera bientôt en arabe.»

Destinées aux forces de sécurité (pompier, policier et militaire), les formations permettent de mettre de l’avant de bons et de moins bons coups. Portant lui-même les trois chapeaux puisqu’il est officier d’affaires publiques réserviste pour les Forces canadiennes, Ian juge que c’est un avantage dans la mesure où il connaît les trois milieux et qu’il peut fournir des exemples pertinents pour chacun d’eux.

Formation intensive

Pour des raisons de sécurité, Ian Lafrenière ne dit jamais où sera sa prochaine formation. Généralement, il arrive dans la nuit précédant sa première journée de formation et quitte aussitôt sa formation terminée. Certains pays qu’il visite, comme la Somalie, sont très dangereux: «Le lendemain de mon retour de Somalie, l’avion dans lequel je prenais place s’est fait sauter.»

Au cours des trois jours de formation, il présente successivement des vidéos nord-américaines, européennes et locales. L’objectif est d’amener les forces de l’ordre à développer un regard critique sur leur travail. Après chaque vidéo, Ian demande si les forces de sécurité paraissent bien. La dernière journée est également la plus stressante pour Ian dans la mesure où il invite les journalistes à se joindre à la classe.

«Mon plus gros défi est d’inviter les journalistes à la troisième journée. Tu ne sais jamais comment les choses vont aller. Une fois, un journaliste s’est levé et a dit qu’il avait été battu par des policiers. Le commandant de ces policiers était assis dans la salle. Les deux étaient face-à-face et se parlaient en arabe. Le policier s’est finalement excusé au nom de son équipe, mais ça aurait pu mal tourner.»

Avant d’arriver dans un nouveau pays, Ian Lafrenière se documente tout en évitant d’être influencé par des préjugés extérieurs. «J’aime bien arriver avec des images sans mise en contexte pour leur montrer ce que nous voyons de leur pays.»

Expérience enrichissante

Ayant donné des formations en Somalie, en Tunisie, au Mali et au Rwanda notamment, Ian Lafrenière soutient que cette expérience lui permet de se réinventer. «C’est tellement motivant d’aller transmettre des connaissances aux autres. Je suis avec des gens qui sont en train de rebâtir, de changer des choses. J’apprends autant qu’eux.»

Au final, malgré les réalités politiques différentes, les problématiques vécues par les forces de sécurité et les journalistes restent les mêmes. C’est pourquoi Ian Lafrenière mise beaucoup sur le développement de relation humaine. La troisième journée sert principalement à atteindre cet objectif.

«On termine en prenant un engagement sur ce que nous pouvons faire pour le futur. Le matin, tout le monde commence sur sa position. Ils n’ont jamais eu l’occasion d’échanger dans un contexte autre que le quotidien avant. Dans le cadre des fonctions, ce n’est pas le temps.»

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