30 janvier 2019
Exposition de Catherine Rondeau au MBAMSH
Histoires de filles, une histoire de famille
Par: Olivier Dénommée
Catherine Rondeau invite la population à découvrir Histoires de filles. « Laissez place à votre imagination et entrez dans un monde qui brouille les frontières entre la réalité et la fiction. » Photo gracieuseté

Catherine Rondeau invite la population à découvrir Histoires de filles. « Laissez place à votre imagination et entrez dans un monde qui brouille les frontières entre la réalité et la fiction. » Photo gracieuseté

L’exposition Histoires de filles est divisée en deux parties explorant tantôt l’imaginaire des enfants, tantôt l’adolescence féminine à travers les filles de la photographe Catherine Rondeau. 
Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

L’exposition Histoires de filles est divisée en deux parties explorant tantôt l’imaginaire des enfants, tantôt l’adolescence féminine à travers les filles de la photographe Catherine Rondeau. Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

Depuis le 2 décembre et jusqu’au 10 mars, le Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire (MBAMSH) propose de découvrir l’univers de la photographe Catherine Rondeau à travers son exposition Histoires de filles, qui explore le thème de la féminité à travers l’enfance, puis l’adolescence.

Histoires de filles est une exposition en deux temps : d’un côté de la salle, elle présente « De l’autre côté du miroir », où l’on explore l’imaginaire de deux jeunes filles dans un décor à la fois intime et étrange. Les photomontages contribuent grandement à cet effet. De l’autre côté, on découvre deux adolescentes entourées de neige, dans des situations inusitées, pour la série « Traversée boréale ». Dans les deux cas, il s’agit des mêmes modèles, les deux filles de Catherine Rondeau qui se sont prêtées au jeu.
« C’est la première fois que je présente ces deux expositions côte à côte, mais je pense que les deux sujets se marient bien et que l’espace du musée nous permet de procéder ainsi », explique l’artiste en entrevue téléphonique. La portion « De l’autre côté du miroir » a été créée entre 2011 et 2014 à la suite d’une thèse sur l’imagination enfantine et a été présentée à plusieurs reprises depuis. Quant à « Traversée boréale », c’était « une transition naturelle » que la photographe a imaginée : après l’enfance, la période souvent trouble de la puberté. Le MBAMSH est le premier à présenter cette série de photos captées en 2015 à Kamouraska par froid polaire.
« Mes œuvres sont surréalistes, oniriques. Dans la première moitié, je ne présente pas juste la joie, mais la peur aussi. Pour la seconde partie, le propos est plus mature dans un environnement très froid, mais il y a une part de chaleur et de lumière aussi », résume Catherine Rondeau. Si le montage fait partie intégrante de son travail, elle confirme que la neige et le froid entourant ses deux adolescentes – dénudées dans plusieurs photos – étaient bien réels! Une œuvre s’ajoute aux photos de l’exposition, présentant un making-of de « Traversée boréale », incluant des photos, des mots écrits par la famille (le mari de la photographe était aussi impliqué dans le processus) et une vidéo montrant la préparation nécessaire pour rendre ces photos possibles. Au total, 35 œuvres sont présentées dans le cadre d’Histoires de filles.

Faire réagir
Lors du vernissage, l’artiste a constaté avec plaisir que ses photos faisaient réagir. « Ça a été un succès et le public était enthousiaste. J’ai reçu de très beaux commentaires, confirme Catherine Rondeau. Je suis ravie de voir à quel point ça fait réagir les gens. » Certains ont été troublés par les frontières brouillées entre la réalité et le photomontage, d’autres ont été marqués par le fait qu’au fil des œuvres, on suit les deux mêmes filles et on les voit grandir au fil des années, rendant cette exposition plus intime. Peu de visiteurs restent indifférents face à ces œuvres, commentent les responsables du musée.
L’exposition est présentée au MBAMSH jusqu’au 10 mars. Quant à Catherine Rondeau, de nouveaux projets artistiques devraient se concrétiser au printemps, confie-t-elle.

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