14 décembre 2017
Histoire hivernale à propos d’un sujet chaud !
Par: L'Oeil Régional

Une fable poétique sur «ski» peut aussi se révéler politique.
Chers petits-enfants, laissez-moi vous raconter ceci. Quand j’étais petite, croyez-le, croyez le pas, je me promenais dans les bois! L’été en marchant et l’hiver en flottant. En flottant sur la neige! J’avançais tout doucement, légère et silencieuse, ça me rendait heureuse.

Debout sur mes planches de bois, je débordais de joie. Chacune des foulées défoulait follement mes muscles. Et mes bras grands ouverts embrassaient le ciel clair. Inspirée par l’hiver, j’inspirais le grand air.
Hisse, puis glisse sur la neige lisse, mes yeux se plissent quand ça redescend. Vive l’élan, «être dans le vent»! Faire l’effort, être dehors, faire un sport qui honore la nature toute pure! Oui, c’était pour moi un sport qui me faisait vivre un contact unique avec la nature, car dans ce sport, on s’avance en silence. Ce sport se pratique seul ou bien en file indienne. Ainsi, oui, je me sentais fille indienne, quand je sillonnais, dans un moment parfait. Quelques foulées franches, verglas sur les branches. Oui, mes petits-enfants, si vous sentiez ce que ce sentier m’a apporté.
Mais, je suis désolée, maintenant que depuis quelques années, on a mis l’hiver, sous une cloche de verre, maintenant que pour des raisons financières, on a interdit ce sport de plein air, vous mes petits-enfants, vous ne pouvez plus en faire. Pourtant on a tenté de prouver et on leur a bien démontré que grâce à leur bonne façon de faire, il ne coûtait pas plus cher d’entretenir les pistes de ski de fond que les sentiers de marche à travers les monts.
Et aussi sous prétexte que le ski de fond pouvait causer de l’érosion, on l’a banni et interdit. Pour vous mes enfants, durant l’hiver, mieux vaut rester à la maison, assis devant la télévision. Ça crée bien moins de pollution. Et pourquoi pas un tour d’avion. L’hiver dans le sud; la solution pour ne pas abîmer le mont. Vous pouvez aussi fabriquer, une belle montagne en carton.
Mes petits-enfants riaient vraiment en m’écoutant. Ils comprenaient bien que ce que je leur racontais était une fable absurde et rigolote. En attachant nos fixations, on a vu briller les flocons et on est parti à l’aventure, en pleine nature, sur notre mont!
À bon entendeur: en espérant que le ski de fond ne soit pas interdit sur le mont. J’espère que cette fable hivernale contribuera à faire fondre la glace de cette froide décision.

Ariane Labonté, conteuse

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