12 juin 2020
Office municipal d’habitation
Grogne autour du jardin communautaire
Par: Denis Bélanger

Des résidents de l’OMH de Mont-Saint-Hilaire devant le jardin communautaire auquel ils n’ont plus accès. Photo Robert Gosselin | L’Œil Régional ©

La frustration et l’incompréhension habitent quelques résidents de l’Office municipal d’habitation (OMH) de Mont-Saint-Hilaire qui ont été informés, sans explication, qu’ils n’auraient plus accès au jardin communautaire de l’Office. Les gestionnaires ont tenté de corriger le tir par la suite en donnant le feu vert à un nouveau projet collectif cet été, mais des résidents offusqués par la tournure des événements ne veulent pas y participer.

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L’OMH avait au début de l’hiver demandé aux gens désireux de poursuivre l’activité de jardinage de manifester leur intérêt. Puis, quelques semaines plus tard, les résidents ont reçu une communication les avisant que le jardin communautaire ne serait finalement pas disponible à l’été 2020. « Cette décision a été prise pour des raisons administratives et de gestion qui impliquent des données de nature confidentielles. Ainsi, l’OMH ne pourra justifier davantage la décision », peut-on lire sur le bulletin d’information de l’Office.

Le manque d’explication a enflammé bien des utilisateurs de l’OMH, dont Jade Cousineau. « Pour nous, le jardin communautaire constituait une forme de thérapie. Ça me fâche qu’on ne donne pas de raison. »

La CDC en relève

Les résidents de l’OMH ont appris tout récemment que la Corporation de développement communautaire (CDC) de la Vallée-du-Richelieu allait prendre les commandes pour réaliser un projet de jardin collectif. La CDC recrute des bénévoles, et un tiers de la récolte leur sera distribué comme le veut le modèle de fonctionnement du projet. Mais pour quelques utilisateurs, l’option du bénévolat ne remplacera d’aucune façon l’expérience de l’été dernier. « Le nouveau projet du CDC est magnifique. Ce n’est pas une raison pour nous enlever nos jardins. Leur projet pourrait très bien aller de l’avant ailleurs ou à côté de nos jardins communautaires. Un ne devrait pas nuire à l’autre », souligne Julie Sharpe.

Et ce n’est pas tout le monde qui peut être bénévole en raison de la COVID-19. « On nous suggère de participer bénévolement aux projets. Par la suite, on nous contacte pour nous dire que nous sommes trop âgées pour même donner notre nom. Nous trouvons inacceptable cette façon cavalière de traiter les résidents », déclarent de leur côté les résidentes Léonie Berger et Louise Patenaude.

Notons que c’est l’OMH qui a approché la CDC pour le projet de jardin collectif, qui a aussi pour but de donner un tiers de la récolte aux gens dans le besoin et l’autre tiers à la communauté. Le projet de la CDC a été approuvé par le conseil d’administration de l’Office le 27 mai.

Des explications

La conseillère municipale et membre du CA de l’OMH, Brigitte Minier, a finalement apporté quelques précisions. Le projet émanait des deux dernières années d’un projet « bigénérationnel » avec Intégration Compétences. Par le biais de ce projet, de jeunes étudiants venaient aider à jardiner avec les personnes plus âgées. L’organisme a par la suite déménagé à Belœil et ainsi offert moins d’heures l’an dernier.

« L’OMH s’est rendu compte que, depuis deux ans, l’intervenante communautaire a dû consacrer beaucoup plus de temps au jardin communautaire, notamment pour régler des situations conflictuelles entre jardiniers, souligne MmeMinier. Le nombre d’heures consacrées au jardin par l’intervenante, pour une dizaine de jardiniers, a eu un impact sur l’ensemble des autres activités consacrées à l’ensemble des locataires. »

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