17 février 2021
Président de Folquébec
Grande rencontre avec Gilles Garand
Par: Olivier Dénommée

Gilles Garand, résident de Belœil, se donne comme mission à travers ses engagements de rendre la culture québécoise accessible, autant pour nous que pour des gens de partout à travers le monde. Photo gracieuseté

Parmi les artistes québécois qu’il sera possible d’entendre en vitrine à la conférence du Folk Alliance International le 24 février, on retrouve le groupe Le Diable à Cinq. Photo gracieuseté

Peu connu auprès du grand public, le nom de Gilles Garand est pourtant un incontournable depuis des décennies dans le monde de la musique trad et folk au Québec. Ce fier résident de Belœil a été à la tête du festival La Grande Rencontre pendant 28 ans et est président de Folquébec, organisme dévoué à la cause du rayonnement de la scène trad ici et à travers la planète. L’Œil Régional s’est entretenu avec lui.

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Du haut de ses 74 ans – presque 75 –, Gilles Garand a toujours été un passionné, lui qui a voué sa vie à défendre farouchement les intérêts de ceux qu’il représentait, autant dans le milieu syndical que dans celui de la musique. « Lutter pour les droits des gens, ça a été mon combat pendant 20 ans. J’ai naturellement appliqué ça au milieu culturel quand j’ai créé La Grande Rencontre », résume celui qui a fondé le festival en 1993 après avoir reçu la suggestion d’organiser un festival de musique folk et trad à Montréal.

Vingt-huit ans plus tard, cette vitrine regroupant le meilleur du folk d’ici et d’ailleurs s’est tenue pour la première fois de façon complètement virtuelle, pandémie oblige, mais n’a rien perdu de sa pertinence. « Les performances ont été filmées au Cabaret Lion d’Or et la dernière édition [du 3 au 6 septembre 2020] a été visionnée dans 130 villes à travers le monde! J’aurais aimé me rendre à 30 éditions, je pense que je ne pouvais pas aller plus loin dans ma démarche et que c’était le bon moment de laisser la place à une nouvelle énergie », affirme M. Garand, qui demeure toujours disponible comme personne-ressource, sans jouer « au beau-père ».

Folquébec rayonne

« Mais il y a encore des choses à faire de mon côté », poursuit le Belœillois, qui demeure bien investi à la présidence de Folquébec, organisme actif depuis plus d’une vingtaine d’années dans la promotion de la musique trad québécoise à travers le monde. « Ça fait 20 ans que j’organise des showcases en Europe et ailleurs pour donner de la visibilité au trad québécois. Avec la pandémie, ça a forcé une réflexion collective pour qu’on arrive à rester à la fine pointe dans notre travail de valorisation et de développement. » M. Garand s’est assez démarqué pour recevoir en 2019 le prix Spirit of Folk Award, remis par Folk Alliance International, soulignant son dévouement de longue date pour la cause.

D’ailleurs, 2021 promet d’être une fois de plus une année fort occupée pour Folquébec, qui a commencé par une présence à la conférence de l’Association of Performing Arts Professionals (APAP) à New York en janvier, et qui s’apprête à organiser une vitrine du 22 au 24 février dans le cadre de la conférence virtuelle de la Folk Alliance. « On y aura 22 de nos artistes en vitrine virtuelle : ça montre que la scène trad est toujours active », se réjouit M. Garand, voyant la réalité actuellement comme une opportunité pour permettre « l’élargissement des publics ». Le troisième événement d’envergure auquel participera Folquébec sera la conférence WOMEX, tenue cette année au Portugal à la fin octobre.

Pourquoi pas?

« J’aimerais être capable d’arrêter, mais il y a encore tellement de choses à faire et d’artistes talentueux à découvrir! C’est une quête sans fin qui ne s’arrêtera probablement que quand je rendrai mon dernier souffle », soutient un Gilles Garand passionné. Il ne ferme tout de même pas la porte à l’idée d’un jour revenir à l’avant-scène comme musicien, lui qui n’a jamais cessé de jouer. « À 75 ans, pourquoi ne pas reprendre les instruments? Il y a peut-être encore un chemin sur scène pour moi, on verra! », lance celui qui a été un membre fondateur du groupe de trad progressif Les Ruine-Babines au milieu des années 70. M. Garand se dit aussi disponible comme personne-ressource pour tous ceux qui ont des projets qu’ils souhaitent concrétiser autour de la scène trad. « J’ai toujours envie de transmettre mon expertise et ma passion », conclut-il.

Pour en savoir plus sur la mission et les activités de Folquébec, il est possible de consulter le site folquebecshowcase.com.

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