16 octobre 2019
Golf à vendre
Par: Vincent Guilbault
Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

L’idée part avec deux prises. Je me permets la métaphore du baseball même si c’est du golf. Peu importe le projet que proposeront les actionnaires du terrain du Club de Golf Beloeil, ils peineront à convaincre les voisins du terrain.

Pourquoi? Parce que l’histoire se répète.
Résumons : le golf n’est pas un sport en croissance et les terrains de golf peinent à remplir leurs verts. Le Golf Belœil ne fait pas exception, mais si l’on se fit aux dires du président Daniel Pelland, le club est encore rentable si l’administration réussit à payer la dette de 3 M$.
Comment? En vendant une partie du terrain, bien sûr, soit le champ de pratique près de la rue des Chênes. On vend à un promoteur, on installe des condos, une résidence ou quelques unités de logement : en fait, ça reste à définir, faudra voir les propositions des promoteurs. Mais avec ce montant, on évite la faillite. Du moins, c’est la prétention du groupe.
Ce n’est pas la première fois que les propriétaires du terrain veulent céder une partie de leur terrain. Souvenons-nous seulement il y a un peu plus de dix ans de cette volonté de vendre la devanture, soit la partie riveraine à la 116, pour y permettre la construction d’un bâtiment commercial. Le tollé aura bloqué le projet.
C’est qu’il est difficile d’obtenir la fameuse « acceptabilité sociale », cette espèce de mesure difficile à quantifier. En fait, on peut mesurer la volonté populaire par un référendum par exemple, mais dans le cas du golf, ça ne se rendra pas jusque là.
La Ville est claire : elle permettra de changer le zonage et d’accepter un projet qui n’est actuellement pas permis sur le terrain seulement si les propositions du golf semblent trouver un écho auprès de la population et, surtout, des voisins immédiats. Et comment mesurera-t-on cette accessibilité sociale exigée par les élus? Je n’en ai aucune idée. C’est un peu le problème du promoteur, répond la Ville.
Nous devons donc nous entendre sur une mesure de l’acceptabilité. Disons que le Golf s’engage à obtenir l’accord des résidents par des signatures, ça pourrait peut-être fonctionner. Mais vraiment, la façon de faire est loin d’être la plus grande ombre au tableau.
Car honnêtement, qui veut autre chose qu’un espace vert en plein milieu de la ville? Personne ne voudra payer la note, mais tous aimeraient mieux y garder un super espace de parc que de voir des logements y pousser. Les voisins en premier.
On le sent déjà. Rien n’est encore engagé, rien n’est vendu et pourtant, c’est déjà la guerre de la désinformation. À écouter certaines personnes, c’est déjà un massacre, le terrain est déjà vendu et la pipine est en route pour creuser.
Calmons-nous, ce n’est pas le cas. La route sera longue. Mais le projet aura intérêt à être sacrément stimulant pour convaincre la population qui, déjà, ne semble pas tout à fait ravie.

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