30 juin 2021
Parcours des Canadiens en séries
Frénésie et nostalgie envahissent les anciens joueurs d’ici
Par: Denis Bélanger

L'ancien de l'Avalanche du Colorado Pascal Trépanier (droite) posant avec la Coupe Stanley en 1986.

Pascal Trépanier (milieu)

Nicola Riopel

JP O'Connor

André St-Laurent

Les anciens hockeyeurs professionnels de la région vivent eux aussi l’euphorie de la présente épopée des Canadiens de Montréal qui les a conduits à la finale de la Coupe Stanley pour la première fois depuis 1993. Pour certains, l’édition actuelle du Tricolore leur rappelle de beaux moments. Pour d’autres, ce sont de premiers souvenirs qui se forgent.

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Le coordonnateur du programme de hockey du Collège Saint-Hilaire et ancien défenseur de la Ligue nationale de hockey (LNH), Pascal Trépanier, vit intensément le parcours en séries des Canadiens de Montréal. Un de ses oncles, Mario Leblanc, est instructeur au service vidéo pour le Tricolore depuis plusieurs années. Trépanier a pu vivre des moments privilégiés grâce à un autre de ses oncles, Mario Tremblay. « À un bas âge, j’ai vécu la frénésie avec les conquêtes à la fin des années 1970. J’ai passé Noël avec des joueurs. En 1986, Mario avait amené la coupe en Gaspésie », raconte celui qui a joué 229 parties dans le circuit Bettman avec l’Avalanche du Colorado, les Mighty Ducks d’Anaheim et les Predators de Nashville.

Pascal Trépanier se souvient encore très bien de ce qu’il faisait en 1993 le soir de la dernière conquête des Canadiens. « Je jouais à l’époque pour les Faucons de Sherbrooke dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). Tous les membres de l’équipe s’étaient réunis au bar chez Ronnie, qui n’existe plus aujourd’hui. C’était spécial comme moment. »

Le soir de la fête nationale, Trépanier s’est fait un devoir de regarder la victoire des Canadiens contre les Golden Knights de Vegas, qui a permis au club de se qualifier pour la finale. « C’est de gros moments que nous vivons. Ne pensons qu’au timing de ce chemin en séries, surtout après tout ce qu’on a vécu partout en Amérique du Nord. Pendant des mois, nous n’avons pas pu partager des moments ensemble. Si ça se termine par la Coupe, ce sera exponentiel et quelque chose qu’on va se rappeler pendant longtemps », maintient le pédagogue du hockey, qui croit aux chances des Canadiens de décrocher la 25e Coupe Stanley de leur histoire .

Témoin de 1993

Né en 1954, le Belœillois André St-Laurent a eu le privilège d’assister de son vivant à de multiples conquêtes de la Coupe Stanley par la Sainte-Flanelle. Celui qui a disputé 644 parties dans la LNH dans les années 1970 et 1980 reconnaît que ses allégeances ont changé au cours des années. Plus jeune, il était un supporteur des Blackhawks de Chicago en raison de la présence dans l’équipe de son oncle Dollard St-Laurent. Par la suite, il a développé un sentiment d’appartenance pour les Islanders de New York, l’équipe qui lui a donné sa première chance dans la grande ligue. Il aurait bien aimé voir son ancienne équipe en finale, ce qui lui aurait permis de revoir de vieilles connaissances.

Vivant au Québec depuis sa retraite en 1990, St-Laurent suit assidûment les exploits des Canadiens de Montréal. Il a eu le privilège d’être au Forum de Montréal le 9 juin 1993 lorsque le Tricolore a vaincu les Kings de Los Angeles 4 à 1 pour remporter la 24e Coupe de son histoire. « Mes frères et moi avions eu la chance d’avoir des billets. Même si le CH menait la série 3 à 1, ce n’était pas une garantie que la Coupe se gagnerait ce soir-là. C’était tout un moment que je m’estime chanceux d’avoir pu vivre. »

André St-Laurent est bien content pour l’organisation des Canadiens de son succès en séries. « Les gens au Québec et à Montréal sont impatients, car ils sont des passionnés. Il ne faut pas oublier qu’il n’y a qu’une équipe sur 31 qui soulève le trophée. […] C’est le fun et spécial ce qui se passe actuellement. Les joueurs des Canadiens sont impressionnants et ils ont leur chance contre Tampa Bay. »

Le cœur tiraillé

Pour sa part, l’ancien gardien de but devenu maintenant agent de joueur Nicola Riopel n’avait que 4 ans en 1993. Il n’a aucun souvenir de cette année. Son amour pour le hockey a débuté avec les Canadiens, avec le gardien de but Patrick Roy. Quand « Casseau » a été échangé à l’Avalanche du Colorado, le jeune Riopel a tourné le dos au Bleu Blanc Rouge pour soutenir son idole.

« Patrick Roy est la raison pour laquelle je suis devenu gardien de but. Quand je lui parle aujourd’hui dans le cadre de mes fonctions d’agent, ça demeure spécial pour moi, raconte l’athlète de Beloeil. Ces dernières années, j’avais perdu espoir de voir les Canadiens gagner. Je vis donc le moment présent, car on ne sait pas quand une telle chose pourrait se reproduire. »

L’ancien cerbère apprécie la frénésie qui se fait sentir en ville. « Le monde est heureux. Tu vois des gens avec leur chandail. La pandémie semble avoir pris un virage et on commence à voir la lumière au bout du tunnel. Le moment qu’on a vécu à la Saint-Jean-Baptiste était magique. Peu importe le résultat de la finale, il y a des scénarios de films qui peuvent déjà s’écrire. »

Pour cette finale, Nicola Riopel a un peu le cœur déchiré, car il a un fort sentiment d’appartenance avec les deux équipes. D’un côté, les Canadiens ont été la première équipe du circuit Bettman à lui donner sa chance en l’invitant à un camp d’entraînement. « J’ai été notamment sur la glace avec P.K. Subban, Jaroslav Halak et Carey Price. C’est le fait d’avoir déjà porté cet uniforme qui rend ça spécial. »

Mais c’est dans l’uniforme du Lightning de Tampa Bay que Riopel a pu disputer sa seule partie, un match hors-concours en 2017, dans la LNH. « Un de mes grands amis est Frantz Jean, l’entraîneur des gardiens de but du Lightning. Il a été avec moi plusieurs années à Moncton [dans le junior majeur]. J’ai aussi d’autres amis dans l’équipe. »

Une première depuis 1986

Le résident de Mont-Saint-Hilaire JP O’Connor aura l’occasion de voir la finale de près. À titre d’analyste invité pour la station de radio anglophone TSN 690, O’Connor sera présent au Centre Bell lors des matchs 3 et 4, vendredi et lundi respectivement. « Je n’en reviens pas, ça fait très longtemps que les Canadiens n’ont pas atteint la finale. Je vis ces séries différemment de bien d’autres. Je suis partisan, mais aussi neutre et objectif quand je suis à la radio. Quand je n’ai pas de matchs à décrire ou d’autres interventions à faire, je deviens un peu plus fan. »

JP O’Connor n’a jamais eu l’occasion de jouer dans la LNH. Il a surtout évolué dans la ECHL, troisième circuit professionnel en importance en Amérique du Nord, et n’a disputé que deux parties dans la Ligue américaine de hockey. Né en 1974 en Ontario, O’Connor est arrivé au Québec au début des années 1980. Son père et son frère étaient déjà fidèles aux Maple Leafs de Toronto, mais lui s’est laissé charmé par le Tricolore. Il se souvient encore très bien de 1986 où les Canadiens ont battu les Flames de Calgary pour soulever le précieux trophée de Lord Stanley. « J’avais 12 ans cette année-là. C’est à cet âge-là que tu deviens impliqué comme partisan. Tu te lèves le matin pour lire le journal et prendre connaissance des résultats et statistiques. En 1986, je voyais une première fois ce que ça représentait, les Canadiens remporter une Coupe Stanley. Ça m’a grandement ouvert les yeux. »

Le hockeyeur à la retraite a toutefois raté le rendez-vous de 1993, car il encourageait les Expos au Stade olympique le soir de la victoire ultime des Canadiens.

« J’avais un professeur d’école qui avait une amitié avec un membre du personnel des Reds de Cincinnati. Les Reds étaient à Montréal pour jouer quelques matchs et quelques autres gars et moi avions été invités par Cincinnati au Stade. Nous avions pu visiter la chambre et rencontrer quelques joueurs. Après un certain temps, on a commencé à tous nous regarder et à nous demander ce qu’on faisait ici. Les Canadiens sont sur le point de gagner la Coupe et nous, on est aux Expos », raconte-t-il en riant.

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