1 novembre 2017
Explosion des heures supplémentaires en santé
Par: Karine Guillet

Les infirmières avait déjà réalisé des représentation devant le conseil d'administration du CISSSME en janvier dernier concernant les heures supplémentaires. Photo: Robert Gosselin

Les heures supplémentaires dans les installations de santé de la région ont augmenté de 20% en un an. Le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Est (CISSSME) explique cette hausse par une offre de service bonifiée. Le syndicat parle pour sa part plutôt d’une situation de crise dans les CHSLD de la région.

Les heures supplémentaires dans les installations de santé de la région ont augmenté de 20% en un an. Le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Est (CISSSME) explique cette hausse par une offre de service bonifiée. Le syndicat parle pour sa part plutôt d’une situation de crise dans les CHSLD de la région.

Dans la région Richelieu-Yamaska, qui couvre notamment Saint-Hyacinthe et la Vallée-du-Richelieu, le CISSSME a accordé l’an dernier 133 640 heures en heures supplémentaires, soit l’équivalent de 21 963 heures de plus que l’année précédente.

Malgré cette augmentation, le recours aux heures supplémentaires dans la région était moins important qu’à Sorel-Tracy et Longueuil, deux autres territoires desservis par le CISSSME. Ces heures représentaient 3,08% du total des heures travaillées dans Richelieu-Yamaska, alors que les heures supplémentaires représentaient respectivement 3,61% et 4,11% des heures totales à Longueuil et Sorel.

Les infirmières, infirmières auxiliaires et préposés aux bénéficiaires sont les principaux quarts de travail où l’on a noté le plus d’heures supplémentaires. Ces heures ont principalement été effectuées à l’hôpital (urgence, soins infirmiers, blocs opératoires), dans les unités de médecine et en hébergement.

Problématique dans les CHSLD

La présidente du syndicat des professionnelles en soins de la Montérégie-Est, affilié à la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), Cynthia Pothier, assure que la situation est problématique dans les CHSLD de Richelieu-Yamaska depuis quelques mois déjà. Des employés du CISSSME avaient d’ailleurs sonné l’alarme devant le conseil d’administration du CISSSME en janvier dernier. La hausse du nombre d’heures supplémentaires était principalement liée au manque de personnel de remplacement et à une mauvaise utilisation du personnel en place. Les employés avaient témoigné que les conditions de travail sur tout le territoire du réseau de santé mettaient en péril la qualité des soins. «En ce moment, c’est criant. Les membres sont vraiment en détresse. Quand tu rentres travailler, mais que tu ne sais jamais quand tu vas sortir, ça fait peur», explique Mme Pothier.

La porte-parole du CISSSME, Catherine Latendresse, précise que malgré l’augmentation, le réseau de santé est toujours conforme à la cible ministérielle de 3,16% du nombre d’heures supplémentaires. Elle explique en partie cette hausse par le développement rapide de services lié à des annonces ministérielles au cours de la dernière année. Au printemps, le ministre de la Santé Gaétan Barrette avait d’ailleurs annoncé l’octroi d’une subvention de 8,1 M$ pour la Montérégie-Est afin de développer principalement des services aux aînés. Une portion importante de ce budget, 6,8 M$, devait servir à l’embauche de 90 employés de plus en CHSLD, la majorité chez les préposés aux bénéficiaires, explique Mme Pothier.

Crise cet été

La situation a toutefois atteint un sommet cet été à un tel point que le syndicat et le CISSSME ont créé un comité pour trouver des solutions, selon Mme Pothier. «Durant l’été, il y a eu une perte de contrôle. On s’est ramassé fin août avec [un déficit de] 43 infirmières pour la fin de semaine en hébergement.»

L’employeur s’est d’ailleurs montré ouvert à trouver des solutions à moyen et à long terme, selon le syndicat. Le syndicat croit que l’ajout de postes à temps complet pourrait régler les problèmes des heures supplémentaires en créant plus de stabilité.

Le CISSSME est présentement en période d’embauche pour des ressources supplémentaires, notamment en CHSLD, en soutien à domicile et dans les services jeunesse. Bien qu’il vise une réduction des heures supplémentaires, le CISSSME ne peut dire si l’embauche de nouveau personnel sera suffisante pour atteindre cet objectif, puisque plusieurs facteurs influencent le recours aux heures supplémentaires, comme la disponibilité du personnel et les investissements en santé.

 

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