17 avril 2019
Exercice démocratique? Vraiment?
Par: L'Oeil Régional

J’ai reçu récemment une lettre de la Ville de Belœil, m’informant de l’implantation d’un parc canin dans mon quartier.

Je suis étonnée de ne pas avoir été consultée quant à l’implantation d’un tel parc en milieu résidentiel. Nous avons plutôt été mis devant le fait accompli que le terrain du parc canin, situé dans la zone industrielle, avait été vendu par la Ville.
On nous a consultés seulement pour le choix entre trois emplacements en zone résidentielle.
Je trouve cela très déplorable, car l’aménagement d’un parc canin en milieu résidentiel m’apparait dommageable à plusieurs points de vue.
D’abord, les emplacements proposés ont déjà d’autres vocations et l’encombrement par les voitures y est déjà un fardeau en raison des activités sportives et récréatives qui s’y déroulent. Le secteur du bassin de rétention (rue Radisson) est particulièrement sollicité, car des activités sportives s’y déroulent quatre saisons par année.
Ensuite, un parc canin apporte son lot de nuisances, telles la pollution sonore, la pollution olfactive, la contamination du terrain par les déjections.
La question de la sécurité se pose aussi, car des chiens sans laisse peuvent se faufiler à l’extérieur de l’enclos ou au sortir d’une voiture. D’autres peuvent attaquer même s’ils sont en laisse. Ça n’est pas anecdotique : chaque année, au Québec, plus de 100 000 personnes subissent des morsures de chiens*.
Un des arguments de la Ville est qu’il faut encourager le transport actif, en réduisant la distance entre les propriétaires de chiens et le parc canin. Nous savons tous que l’usage de l’automobile ne sera pas réduit par cette mesure. Pourquoi ne pas jogger ou prendre son vélo pour faire courir pitou?
Avant d’agir, je demande aux représentants municipaux de penser d’abord aux conséquences de leur décision sur la majorité des citoyens (75 % des familles vivent sans chien*). Le droit de la majorité doit avoir préséance.
Comment la Ville peut-elle se dire « liée » par un sondage, qui est un faux exercice démocratique et auquel seulement 454 personnes ont répondu.
Quels choix ont eu les 23 000 autres quant à la présence d’un parc canin en zone résidentielle?
Le bien-être des chiens passe-t-il avant le bien-être de la population?
SVP, respectez notre droit à vivre dans une ville saine, paisible et sécuritaire. n

Marie Beauregard, Belœil

* L’Association des médecins vétérinaires du Québec en pratique des petits animaux – « Les morsures canines préoccupent l’AMVQ », [https://www.amvq.quebec/images/files/Communiqu%C3%A9s/Communiqu%C3%A9-les%20morsures%20canines.pdf]

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