28 avril 2021
Entre mémoire ou ping-pong
Par: Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

Une société d’histoire, ce n’est pas sexy. Ce n’est pas un club de gymnastique ou encore une entreprise en développement. Lorsqu’une société d’histoire crie famine, qui veut s’arracher la chemise de sur le dos pour lui venir en aide?

Publicité
Activer le son

Est-ce que les villes sont généreuses envers la Société d’histoire et de généalogie de Belœil–Mont-Saint-Hilaire? Sans aucun doute. Le président Alain Côté le reconnaît lui-même. Notamment Belœil, rappelons-le, qui fournit le local à l’organisme. Peu d’organismes peuvent se vanter d’une telle reconnaissance. M. Côté me rappelait aussi que les utilisateurs de la SHGBMSH n’ont pas besoin de la carte Accès Beloeil puisque l’organisme serait en voit d’obtenir un statut de mandataire. Oui, l’organisme a donc un statut particulier, par la nature de sa mission.

Quelle mission? Celle de gardien de la mémoire. Par leurs recherches, leurs nombreux ouvrages rédigés, leur collection de documents, leurs publications de cahiers ou leurs connaissances sur le patrimoine, les membres de la société d’histoire sont des témoins incontournables de l’histoire et de l’évolution de la région.

Et toutes ces activités se tiennent dans le sous-sol, sous la biblio- thèque de Belœil. Dans un local qui ne suffit plus. Après 50 ans d’exis- tence, l’organisme vient d’atteindre un point critique : l’espace manque et la gouvernance de la Société doit maintenant faire des choix, comme de refuser de nouvelles collections ou d’élaguer les archives.

M. Côté ne s’en cache pas, l’organisme regarde activement les possibilités de déménager. La pandémie a un peu freiné les efforts de recherche, mais la Société reste ouverte aux propositions. Mais, qui voudra bien proposer un local? Il faut dire que Belœil, comme je le mentionnais, est déjà bien plus généreuse que les villes environ- nantes envers l’organisme. Questionnée par notre journaliste, la porte-parole de la Ville souligne ne pas avoir d’autre espace, tout en rappelant que la SHGBMSH « bénéficie déjà d’un local exclusif à très faible coût, en plus d’un espace supplémentaire gratuit dans un local de la bibliothèque pour de l’entreposage, ce qui n’est pas le cas de nombreux autres organismes du territoire ».

Vrai! Mais la Société d’histoire n’est pas un club de ping-pong ou un atelier d’art. C’est notre mémoire collective régionale. C’est aussi une expertise reconnue par nos élus et nos fonctionnaires. Par exemple, en 2019, la Ville demandait un mémoire à la Société d’histoire sur les rénovations concernant le Carré Saint-Jean-Baptiste, dans le Vieux-Belœil. Quoique notre article, à l’époque, semblait montrer que la Ville n’avait finalement pas eu le temps de lire le mémoire avant d’autoriser des démolitions!

La solution pour l’organisme passe probablement par un effort un peu plus collectif. Une discussion entre les villes sur la valeur qu’on lui porte et les efforts supplémentaires que nous devrions faire, ensemble, pour lui permettre de croître pour les 50 autres prochai- nes années.

Avant de finir, M. Côté admet que la SHGBMSH ne fait peut-être pas assez d’efforts pour se faire connaître, pour présenter les « joyaux » de sa collection ou encore pour mettre de l’avant son travail. Je veux donc participer très humblement à cette reconnaissance en parlant de ces mordus d’histoire aujourd’hui. Et je vous invite à consulter le nouveau site web de l’organisme au shgbmsh.org.

image