12 décembre 2018
Elle refuse de vendre pour sauver sa maison
Par: Sarah-Eve Charland

Daphné McLean cherche du des moyens de financer les travaux qui doivent être faits sur sa maison centenaire. Photo: Sarah-Eve Charland

Une résidente de Beloeil, Daphné McLean, s’est résignée à garder sa maison centenaire après l’avoir mise en vente pendant 14 mois afin de la sauver du pic du démolisseur. Elle a ouvert une boutique pour financer les rénovations nécessaires.

Sa maison se situe dans le Vieux-Beloeil, sur la rue Richelieu, à côté du restaurant Chez Janick. En 14 mois, elle a reçu 48 visites et huit offres d’achat. «J’ai eu des entrepreneurs qui voulaient démolir et mettre tout en neuf. Ma maison a du cachet. […] Je suis à un endroit stratégique. Je suis dans un arrondissement commercial. Il n’y a pas de résidence ici. Je suis la seule», dit-elle.

Craignant de voir un autre bâtiment centenaire être détruit, elle a décidé de garder sa maison qui lui a été léguée au décès de son père. Elle doit toutefois effectuer des travaux d’envergure, dont le remplacement de la toiture en taule, des fenêtres et du revêtement extérieur.

«Je veux garder le cachet. Je l’aime ma maison. Ce serait plate d’enlever ça […] Il faut garder le look. Pour faire ça, il faut du cash. Si je veux garder des fenêtres semblables à six carreaux, je dois débourser 1000$ par fenêtre et ça n’inclut pas l’installation. J’ai 10 fenêtres. Quand on ouvre les murs, aussi, il y a toujours des surprises avec les vieux bâtiments», ajoute Mme McLean.

Présentement à la retraite, la propriétaire n’a pas encore estimé la somme qu’il lui faudrait débourser pour effectuer l’ensemble des travaux. Elle dit s’être informée des programmes de subventions municipales pour rénover sa maison, mais les sous ont déjà été distribués, précise-t-elle.

Elle a choisi d’ouvrir une boutique brocante où elle y vend des bijoux, des foulards et quelques morceaux rétros comme de vieilles boules de Noël. Les profits seront utilisés pour financer ces travaux.

Enregistrée

La maison a été enregistrée dans le répertoire du patrimoine bâti de la MRC de la Vallée-du-Richelieu. Elle a été construite en 1837 et appartenait à la Fabrique de la paroisse Saint-Matthieu-de-Beloeil. Elle était occupée par la famille du sacristain jusqu’en 1971. À ce moment, le père de Mme McLean en a pris possession. Selon le répertoire, le bâtiment possède une valeur patrimoniale supérieure.

Actuellement, le conseil de Ville est appelé à accorder un permis de démolition, sauf si des citoyens s’opposent à une décision du comité de démolition. La Ville a reçu les résultats d’une étude sur le patrimoine bâti du Vieux-Beloeil et elle est en rédaction de nouvelles dispositions qui seront évaluées par les élus en début 2019.

À Beloeil, la maison Guertin est le seul bâtiment cité patrimonial par le gouvernement. Aucun bâtiment n’a été cité par la municipalité.

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