2 juin 2017
Elle monte dans la cage pour écraser ses peurs
Par: Denis Bélanger

Âgée dans la quarantaine, Marilyn Michel veut disputer un premier combat d’arts martiaux mixtes. Un défi personnel qui va au-delà de l’aspect sportif. Pour la femme ayant été victime de violence, le combat lui permet d’apprendre à vivre avec ses démons et de vaincre ses peurs.

Les dernières années ont été difficiles. L’épuisement a eu raison de Mme Michel qui a dû se résigner à prendre des médicaments. Tannée de la maladie, elle a décidé de reprendre le contrôle de sa vie entre autres grâce à l’activité physique.

Jonglant avec l’idée depuis un certain temps de pratiquer des sports de combat, elle a abouti finalement dans un gymnase d’arts martiaux mixtes de la région. Plus elle s’entraînait, mieux elle se sentait.

«Le but de rentrer dans la cage pour un combat est d’avoir une date de fin du processus, explique la combattante. La violence arrête quand tu décides que ça arrête. Il n’y a pas de thérapeute qui peut faire ce que mon entraîneur me permet de faire. Il m’apprend non seulement à me défendre, mais aussi à contre-attaquer. Cela a des impacts positifs sur moi physiquement et mentalement. Avant, lorsqu’on m’attaquait, j’avais tendance à me recroqueviller sur moi-même. Mon coach me force à m’ouvrir. Ça m’amène à apprivoiser la violence; de l’accueillir au lieu d’essayer de l’enfouir, car ça fait partie de mon passé.»

Bien que la date du combat et son adversaire soient loin d’être déterminées, celle qui est propriétaire d’un cabinet d’assurances et de services financiers à Beloeil a déjà entamé l’entraînement en vue de ce duel amateur. Une préparation qui durera 26 semaines. «Si je n’ai pas trouvé d’adversaire au terme de ces semaines, je continuerai à m’entraîner pour être fin prête. Nous cognons aux portes d’autres gyms pour trouver une combattante qui a le même degré d’expérience que moi. Ça sera probablement en Ontario, car c’est impossible de tenir des combats amateurs au Québec en raison d’un flou juridique.»

Dans sa démarche, Marilyn Michel veut aussi amasser des fonds et a l’intention d’approcher un organisme pour s’associer. De plus, après avoir livrée son combat, elle souhaite tenir des séminaires portant sur l’estime de soi.

Le parfait «thérapeute»

C’est le combattant d’arts martiaux mixtes professionnels, le brésilien Davis Dos Santos du Prostar MMA de Mont-Saint-Hilaire, qui entraîne Mme Michel. Intense et exigeant, Dos Santos était la personne idéale pour permettre à la femme d’atteindre son objectif.

«Je savais qu’il allait pouvoir me donner les outils nécessaires et qu’il comprendrait mon projet. Je ne dis pas qu’il pourrait entraîner tout le monde, mais il est parfait pour moi. Si tu n’es pas sérieux, assidu et motivé, ça peut être difficile de travailler avec lui.»

Marilyn Michel assure que Davis Dos Santos sera dans son coin le jour de son combat. «C’est un travail d’équipe. Il prend à cœur ce combat, comme si c’était pour être lui qui monterait dans la cage. Son honneur est en jeu.»   

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