9 septembre 2020
Elle donne plus de 640 masques
Par: Sarah-Eve Charland

Denise Loof a donné des centaines de masques à des gens plus vulnérables. Photo Sarah-Eve Charland | L’Œil Régional ©

Denise Loof a donné des centaines de masques à des gens plus vulnérables. Photo Sarah-Eve Charland | L’Œil Régional ©

Soixante-douze à la Légion royale canadienne, 60 à l’Office municipal d’habitation, 50 à Intégration compétence; de fil en aiguille, Denise Loof de Mont-Saint-Hilaire a confectionné et donné plus de 640 masques à divers organismes et personnes de la région dans un esprit de redonner à la communauté.

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Le mois d’avril est particulier pour Mme Loof. En plus de représenter ses débuts en couture, elle y célèbre l’anniversaire de décès de sa mère. En plein confinement, durant le mois d’avril, elle se demande comment elle peut agir dans le contexte de pandémie. « Ma mère, qui est acadienne, avait le cœur gros comme la terre. Je me suis demandé : qu’est-ce qu’elle ferait dans cette situation? Je me suis alors dit qu’elle prendrait des retailles de tissu pour faire des masques pour les donner à la communauté. C’est là que j’ai commencé à en faire », raconte-t-elle.

C’est donc en plein confinement qu’elle a eu l’idée, comme plusieurs, de confectionner des masques, mais il n’a jamais été question de les vendre. Grâce à des retailles de tissus accumulées au fil des ans, elle commence à en coudre. Elle a donné des masques à des amis et à de la famille. Et puis, finalement, elle en a donné à des amis d’amis et des amis de la famille, ainsi de suite. Elle en a envoyé par la poste à Amqui, Rimouski et même Val-d’Or.

C’est le soir qu’elle descend dans son atelier pour coudre les masques. Même si elle planifie y passer une heure, elle y perd souvent la notion du temps. Elle ne sait pas combien d’heures elle y consacre par semaine ni le temps que cela lui prend pour en fabriquer un.

« Je travaille comme dans une usine. J’ai trois machines à coudre. Je fais des choses différentes à chaque station. Ici, je fais mes coupes, là, je travaille avec la surjeteuse et, à cette machine à coudre, je change les fils de couleur pour qu’ils s’agencent au tissu. En une soirée, je peux en faire pas mal », explique-t-elle en se promenant dans son atelier.

Ayant du plaisir à les fabriquer, elle s’est retrouvée en peu de temps avec de nombreux masques cousus. Elle a alors approché les organismes communautaires de la région. Elle en a donné, entre autres, à la Légion royale canadienne, à l’Office municipal d’habitation, à Intégration compétence, à L’Arche Montérégie, aux Chevaliers de Colomb et à la Paroisse Notre-Dame-du-Bon-Conseil d’Otterburn Park. À ce jour, elle a donné 643 masques, compte-t-elle.

La dame de Mont-Saint-Hilaire s’amuse à créer les masques en choisissant précieusement les motifs pour plaire à tout le monde. Elle prévoit même créer des collections pour l’Halloween et Noël.

« Quand je fais ça, je ne pense à rien. Je suis dans ma bulle, raconte-t-elle avec le sourire. Je ne fais pas ça pour les vendre. Je les donne. J’ai vu l’autre fois une famille dont tous les membres portaient des masques noirs. Je trouvais ça assez morbide. Les petites filles portaient des vêtements colorés, mais avaient un masque noir. Quand j’ai montré les masques colorés aux petites filles, elles étaient assez contentes », dit-elle en racontant ce pour quoi elle continue à en produire.

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