8 septembre 2021
Élisabeth Pion, beaucoup plus qu’une pianiste
Par: Olivier Dénommée
La pianiste originaire d’Otterburn Park Élisabeth Pion s’apprête à vivre sa quatrième année à Londres, où elle continue de parfaire sa formation musicale. Photo Olivia Da Costa

La pianiste originaire d’Otterburn Park Élisabeth Pion s’apprête à vivre sa quatrième année à Londres, où elle continue de parfaire sa formation musicale. Photo Olivia Da Costa

Pianiste classique originaire d’Otterburn Park, Élisabeth Pion continue de faire sa place dans son milieu et multiplie les projets plus stimulants les uns que les autres. Et tout porte à croire que la prochaine année ne sera pas de tout repos pour la musicienne.

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Cet été seulement, Élisabeth Pion a fait ses débuts avec Arion Orchestre Baroque en juin dernier, ses débuts en récital solo au Wigmore Hall de Londres en juillet après avoir remporté le Wigmore Recital Prize et s’est produite le 18 août à la Maison Trestler de Vaudreuil-Dorion. Sans compter le fait que le De Beauvoir Piano Trio, dont elle fait partie, a remporté le 2e prix du concours la Virtuoso & Bel Canto Chamber Competition à Lucques en Italie, en juillet. « Ça commence à rouler », lance en riant la pianiste qui demeure à Londres depuis quelques années pour parfaireson répertoire au piano. Elle y retourne d’ailleurs le 14 septembre, mais pas avant d’avoir participé à deux concerts, les 11 et 12 septembre, avec l’Orchestre symphonique de Longueuil avec qui elle interprétera le 24e Concerto de Mozart dans le cadre du Festival Stradivaria.

En rétrospective de la dernière année, Élisabeth Pion souligne les « rencontres incroyables » qu’elle a faites, mais aussi le fait qu’elle s’affirme comme bien plus qu’une « simple » musicienne. « Je deviens de plus en plus la personne que je suis. J’ai toujours eu plein d’intérêts avant, mais ça commence enfin à se refléter dans ma vie professionnelle », affirme celle qui porte aussi le chapeau d’organisatrice, notamment pour le Festival Unisson qu’elle a cofondé.

Prise de conscience féministe
La dernière année a été l’occasion pour la pianiste de réaliser à quel point la musique classique composée par les femmes n’avait pas droit à un traitement équitable et elles’y intéresse de plus en plus. « J’ai fait une grande prise de conscience féministe quand j’ai réalisé que je n’avais presque jamais joué de femmes avant. J’avais un peu le réflexe de me dire que si ce n’est pas joué, c’est que ce n’est pas bon. C’est quand j’ai commencé à m’y intéresser que j’ai découvert des perles », soutient-elle, nommant des compositrices telles que Fanny Mendelssohn, Rebecca Clarke, Elsa Barraine et Lili Boulanger pour n’en nommer que quelques-unes. « C’est un autre genre de poésie, un autre genre de langage. C’est magnifique », soutient Élisabeth Pion au sujet de ces compositrices qu’elle souhaite faire découvrir à un plus large public, malgré les importants défis pour trouver les partitions des œuvres.

Elle songe d’ailleurs à approfondir ses recherches dans la musique classique féminine dans le cadre de ses études, toujours à Londres. « J’ai déjà ma maîtrise, il ne me resterait qu’une année là-bas, à moins que je fasse un doctorat, chose que je n’avais jamais considéré faire de ma vie! Mais j’ai envie de pousser davantage le sujet des femmes compositrices, surtout les compositrices françaises, et ça pourrait être mon sujet. »

En 2022
La prochaine année promet de ne pas être de tout repos pour l’Otterburnoise, qui a déjà plusieurs performances au calendrier. Au Québec, il sera d’ailleurs possible de l’entendre en avril avec l’Orchestre symphonique de Laval, puis en mai avec l’Orchestre classique de Montréal. « À Londres, j’apprends et je grandis beaucoup, mais revenir ici me permet de tester mes nouveaux apprentissages et d’apprendre d’une autre façon. J’ai vraiment droit à de belles opportunités », soutient-elle.

Unisson en expansion
Même si la deuxième édition du Festival Unisson est terminée depuis peu, Élisabeth Pion a déjà de bonnes nouvelles à annoncer quant à la tenue d’une troisième édition. « On est en train de développer un projet avec le Musée des beaux-arts de Montréal et la Salle Bourgie en 2022 : on a engagé cinq compositeurs de la relève pour avoir cinq créations originales pour la prochaine édition. » Le festival a déjà reçu quelques coups de pouce financiers de la Fondation Père Lindsay et du Conseil des arts de Montréal pour l’aider à son développement, mais d’autres demandes suivront aussi au Conseil des arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec.

« On a une vision à long terme et des objectifs sociocommunautaires : cette année, on a notamment réussi à donner 27 % de nos billets à des organismes que l’on a ciblés », ajoute Élisabeth Pion. Le Centre de femmes l’Essentielle, situé à Belœil, faisait d’ailleurs partie des organismes retenus par le festival qui organisait des concerts intimistes entre un musicien et un spectateur seulement.

Il est possible de suivre les projets d’Élisabeth Pion sur son site internet www.elisabethpiano.com.

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