27 décembre 2017
Dix ans pour le Cinéma Belœil
Par: Olivier Dénommée
Jean Colbert estime que la meilleure décision de sa carrière a été le choix du site de son cinéma à Belœil. Il va même jusqu'à dire que sa construction était la plus belle période de sa vie, alors qu'il arrivait sur le chantier tous les matins, café à la main, pour suivre de près l'évolution de la construction et pour régler les problèmes dès qu'ils se présentaient. Photo: Robert Gosselin

Jean Colbert estime que la meilleure décision de sa carrière a été le choix du site de son cinéma à Belœil. Il va même jusqu'à dire que sa construction était la plus belle période de sa vie, alors qu'il arrivait sur le chantier tous les matins, café à la main, pour suivre de près l'évolution de la construction et pour régler les problèmes dès qu'ils se présentaient. Photo: Robert Gosselin

En 2006, Jean Colbert s’était fait traiter de fou alors qu’il souhaitait faire construire un cinéma dans un champ, aux abords de l’autoroute 20. Il peut aujourd’hui dire qu’il a changé de façon durable la face du cinéma dans la région, alors que le Cinéma Belœil a célébré ses 10 ans d’existence le 7 décembre.

Pour le propriétaire Jean Colbert, il était évident que son offre répondait à un besoin, alors que le cinéma a connu un bon succès dès son ouverture. La récession de 2008 et l’obligation de passer d’une pellicule 35 mm à un format numérique en 2009 ont fait mal aux finances de l’entreprise, mais selon lui, le virage a permis d’offrir des films de meilleure qualité à la clientèle.
«Aujourd’hui, tout le monde peut voir des films chez lui sur un écran de 50, 60 pouces, alors on doit leur offrir une vraie expérience au cinéma», estime-t-il. Cette expérience se traduit par une programmation diversifiée (incluant des films de répertoire, souvent moins accessibles pour le grand public, la série Les Aventuriers Voyageurs, des projections en direct du Metropolitan Opera de New York et les Matinées pour Mamans), une technologie toujours à la fine pointe, et des employés «qui ont le goût de travailler». «On n’a pas de contrôle sur la qualité du film, mais c’est notre travail de le présenter de la meilleure façon possible», soutient M. Colbert.
Chaque année, la peinture du cinéma est rafraîchie, et les sièges seront tous changés d’ici deux ans, précise le propriétaire. La plupart des usagers ne remarqueront rien, mais cela fait aussi partie de l’expérience de voir un cinéma qui ne vieillit pas. Dernier changement subtil en date du 1er décembre: l’enseigne Van Houtte est disparue du café à l’entrée du cinéma, qui est devenu un «bistro cinéma». «On offre un meilleur café, et des aliments frais du jour. Nous sommes encore en adaptation, mais les clients remarquent déjà une différence! La nouvelle enseigne apparaîtra au retour des fêtes», explique le propriétaire.

Décisions audacieuses
L’industrie a retenu son souffle l’hiver dernier lorsque M. Colbert a annoncé qu’il allait rénover son cinéma à Saint-Hyacinthe pour le rendre plus luxueux, mais avec beaucoup moins de places. «À Saint-Hyacinthe, c’est un concept unique au Québec, avec des plus petites salles et de sièges réservés, et surtout à prix normal! Je pense que c’est une expérience qui fera partie du cinéma du futur.» Toutefois, il précise que ce modèle ne pourra pas être implanté, du moins pas tel quel, à Belœil.
Jean Colbert n’hésite pas non plus à rappeler qu’il est le premier à avoir fait entrer la technologie D-Box dans une salle de cinéma québécoise. «À chaque représentation, ce sont les premiers sièges qui sont réservés, même s’ils coûtent plus cher. Comme quoi, les gens continueront d’aller au cinéma tant qu’on leur fournira un environnement impeccable.» Des films en demande comme le nouvel épisode de La Guerre des étoiles semblent aussi confirmer l’engouement pour les salles de cinéma.
Toutefois, malgré son optimisme, Jean Colbert pense que certaines salles moins bien entretenues fermeront leurs portes dans les prochaines années. Les cinémas restants devront se maintenir à jour pour survivre. D’où l’importance de continuer de prendre soin du Cinéma Belœil, chose qu’il fait toujours quotidiennement, avec enthousiasme.

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