16 juin 2021
Belœil
Discussions tendues pour étendre les plages horaires du dek hockey
Par: Sarah-Eve Charland

Après en avoir discuté en plénière, les élus ont autoriser à l'organisme privé de tenir des parties les 20 et 27 juin. Photo Sarah-Eve Charland| L’Œil Régional ©

Sous fond de discussions tendues, une pétition a été lancée la semaine dernière par le parti politique Oser Belœil afin que des parties de dek hockey se tiennent le dimanche soir, à quelques reprises cet été. Pour les élus de la Ville de Belœil, cette démarche à saveur politique est incompréhensible puisque la décision n’avait pas été prise à ce moment. La Ville a finalement accepté d’ajouter deux soirs d’ici la fin juin.

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Sur les réseaux sociaux, l’organisme privé à but lucratif Dek hockey L’échappée a annoncé qu’il ne pourrait pas tenir de parties le dimanche soir, avant 21 h, en raison d’un refus de la Ville de modifier l’entente. C’est que l’organisme arrivait à cette conclusion après avoir lu un courriel du chef des installations sportives aux loisirs, culture et vie communautaire de la Ville, Frédéric Nadeau. Ce dernier affirme, dans ce courriel, ne pas être favorable à cette demande compte tenu de la sensibilité du dossier avec les résidents. Il souligne qu’il faudra quand même valider le tout avec le conseil.

Le président de Dek hockey L’échappée, Jean-Michel Blanchette, voyait dans ce courriel un refus sans équivoque de la Ville. L’organisme a donc publié un message sur Facebook à ce sujet qui a été suivi d’une pétition par la candidate à la mairie Nadine Viau.

Dans un autre courriel, M. Nadeau demande à ce que l’organisme rectifie sa publication indiquant qu’aucune décision n’avait été prise et qu’il s’agit d’un malentendu.

La saison de dek hockey a été retardée de sept semaines en plus de connaître une hausse de sa popularité. L’échappée a connu une augmentation de près de 300 joueurs cette année.

La candidate à la mairie Nadine Viau a pris rapidement la balle au bond. Quelques jours après l’avoir lancée, 162 personnes avaient signé sa pétition.

« C’est la résultante d’un contexte exceptionnel. C’est une demande d’exception. […] Dans un contexte comme ça, il faut être capable d’être agile et flexible. Nos enfants ont attendu longtemps pour bouger. Si on n’est pas capable de trouver des solutions à des problèmes simples et ponctuels comme ça, c’est quoi qu’on va faire ensemble de notre offre sportive? », affirmait Mme Viau avant que la Ville autorise l’ajout de plages horaires.

Le parti politique en a profité pour annoncer sa volonté, si ses candidats sont élus, de produire un plan directeur en matière de sports et loisirs afin d’avoir une vue à court, moyen et long terme de l’offre municipale. Mme Viau déplore qu’aucun plan n’ait été préparé par la Ville pour la reprise des activités sportives chez les jeunes.

Aucune décision n’était prise, assure Belœil

Au moment de la sortie publique de l’organisme, aucune décision n’avait été prise. Le dossier a été amené en plénière le 14 juin. C’est à ce moment que les élus ont accepté exceptionnellement d’ajouter deux plages horaires. Une chose est claire des deux côtés; les discussions entre la Ville de Belœil et l’organisme privé de dek hockey ont toujours été tendues.

Puisque l’utilisation du plateau sportif résulte d’une entente entre un organisme privé et la Ville, tout amendement à l’entente doit être entériné par les élus.

« Il s’agit d’un organisme privé à but lucratif. Cela n’a pas la même vocation qu’une association sportive comme le soccer. C’est un organisme privé qui tient ses activités sur un terrain de la Ville. Avec l’entente actuelle, ça laisse deux soirs par semaine où les citoyens peuvent utiliser la plateforme sans être dans une ligue », affirmait la mairesse Diane Lavoie avant la rencontre plénière.

L’enjeu n’est pas de savoir si la Ville est pour ou contre des enfants qui font du sport, poursuit-elle. « On est plutôt contre les intérêts pécuniaires d’un organisme privé. Je crois qu’ils ne savent pas comment fonctionne une administration municipale. Agir comme ils ont agi, c’est une forme de chantage. Est-ce que le Service des loisirs va vouloir travailler avec eux par la suite? »

Le conseiller municipal sortant et candidat à la mairie Réginald Gagnon emploie des mots durs envers la candidate Nadine Viau. Tout comme Mme Lavoie, il estime que l’enjeu ne réside pas dans la volonté ou non de la Ville d’encourager le sport chez les jeunes. « Quand on se présente à la mairie, monter des citoyens contre d’autres citoyens, ce n’est pas la bonne façon de faire. Un candidat se doit d’être rassembleur », mentionne-t-il.

Le candidat à la mairie et conseiller municipal Luc Cossette ne compte pas prendre de position politique dans le dossier.

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