7 février 2018
Difficile de trouver des enseignants et des remplaçants
Par: Karine Guillet
Environ 3100 enseignants travaillent à la Commission scolaire des Patriotes.

photo: Archives

Le recrutement de main-d’œuvre préoccupe la Commission scolaire des Patriotes. Les entrevues avec des candidats s’enchaînent toutes les semaines pour combler la liste de suppléance, qui commence à s’amenuiser.

La directrice des ressources humaines, Nathalie Avon, soutient que l’enjeu du recrutement est présentement une priorité à la CSP.
La CSP doit subvenir à une soixantaine de demandes de suppléance quotidiennement dans ses écoles primaires, estime Mme Avon. Pour ce faire, elle dispose en début d’année d’une liste d’environ 900 noms pour ses besoins en suppléance, mais le nombre de candidats diminue en cours lorsque ces derniers trouvent des contrats. Alors que la CSP ressentait généralement les effets de ce phénomène vers la fin de février, Mme Avon constate cette année que les besoins se font ressentir depuis novembre.
Résultat, la CSP doit avoir recours plus fréquemment à du personnel non légalement qualifié, sans brevet d’enseignant, croit le vice-président de la section enseignant des Patriotes du Syndicat de Champlain, Richard Bisson.
Nouvelles écoles, nouveaux besoins
Nathalie Avon explique ces besoins en remplacement par plusieurs facteurs, notamment par de nouvelles ressources du ministère de l’Éducation, les absences pour des raisons médicales, les besoins de formation ainsi que l’absentéisme courant.
Les nouvelles constructions, comme l’agrandissement de l’école La Farandole ou la nouvelle école primaire de Chambly, font aussi augmenter le nombre d’enseignants requis. La CSP a d’ailleurs augmenté son effectif d’enseignants de 128 employés au cours des trois dernières années. La CSP a parallèlement accueilli 33 273 élèves cette année, soit 1000 de plus qu’en 2015.
Les conditions de travail
Le représentant du syndicat croit pour sa part que les conditions difficiles auxquelles font face les enseignants s’ajoutent aussi aux facteurs qui rendent difficile le recrutement et découragent les jeunes enseignants. Il cite la discipline qui prend de plus en plus de place dans les classes, l’intégration d’élèves aux besoins particuliers en classe sans ressources supplémentaires, la remise en question constante du jugement de l’enseignant et le manque de rigueur dans l’application du code disciplinaire. Il observe aussi que l’absence de ratio par classe pour les plans d’interventions d’élèves devient souvent problématique pour les enseignants.
Toutefois, la directrice des ressources humaines observe que peu de ses enseignants quittent leur emploi en raison d’un changement de carrière. Les raisons les plus souvent mentionnées sont l’obtention d’un meilleur poste ou d’un déménagement.
Besoins futurs
Pour faire face à la pénurie, les ressources humaines multiplient les présences aux salons d’emplois, les entrevues et passent même par les réseaux sociaux pour promouvoir les emplois disponibles. La proximité de Montréal et le programme d’insertion en milieu de travail pour les stagiaires sont assurément des attraits, estime Mme Avon, tout comme la possibilité d’accéder plus rapidement à la liste de priorité d’emploi à la CSP. Si cette dernière possibilité attire davantage d’enseignants, reconnaît M. Bisson, les jeunes enseignants n’en sont pas moins découragés par les conditions de travail.
Le réseau scolaire doit aussi faire face à une cinquantaine de départs à la retraite par année. Pour le moment, rien n’indique que ce ratio sera plus important au cours des prochaines années. Les besoins devraient toutefois continuer à s’accentuer, alors que Saint-Amable et Mont-Saint-Hilaire devraient toutes deux avoir une école neuve pour 2018 et 2019. Impossible toutefois de prédire les besoins pour le moment, puisque la CSP ne connaîtra le portrait réel qu’au moment des inscriptions, en avril.

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