24 mars 2016
Diane Lavoie craint une perte de proximité avec les usagers
Par: L'Oeil Régional
La mairesse de Belœil, Diane Lavoie

La mairesse de Belœil, Diane Lavoie

La mairesse de Belœil et présidente du Conseil intermunicipal de transports Vallée-du-Richelieu (CITVR), Diane Lavoie, s’inquiète d’une perte de proximité avec les usagers ainsi qu’une absence de droit de regard sur les coûts en transport collectif avec l’abolition des CIT. Dans l’incertitude, plusieurs projets se retrouvent aussi sur la glace.

Le gouvernement Couillard a l’intention, avec son  projet de loi 76, de remplacer les 13 CIT de la région métropolitaine de Montréal par une nouvelle entité régionale, le Réseau de transport métropolitain.

Selon Mme Lavoie, ce projet de loi va à l’encontre du pacte fiscal des municipalités qui reconnaît les municipalités comme des gouvernements de proximité. Elle s’inquiète, notamment, du temps que pourrait prendre le traitement d’une requête ou d’une demande d’un usager avec une structure métropolitaine.

«L’aspect requête et demande des usagers, il faut que ce soit traité immédiatement. Tu ne peux pas attendre des mois», exprime-t-elle.

La mairesse craint aussi de voir les Villes payer les factures liées au transport collectif sans avoir leur mot à dire sur les coûts.

«L’imputabilité, c’est nous (les élus) qui l’avons. On est élu par nos citoyens, mais si tu n’as même plus droit de regard par rapport aux factures que tu reçois, ça devient très, très inquiétant.»

Des projets sur la glace

L’épée de Damoclès qui plane au-dessus des CIT met aussi un frein à certains projets en transport collectif.

Près de deux après une mission en Suisse, plusieurs idées dénichées lors de ce voyage sont pour le moment tablettées.

En juin 2014, Mme Lavoie a parcouru à titre de présidente de l’Association québécoise du transport intermunicipal et municipal  (AQTIM) plusieurs agglomérations suisses et la ville de Grenoble en France pour observer le fonctionnement de leur système de transport collectif.

Elle était accompagnée d’une délégation formée de dirigeants de différents CIT. Le voyage, dont a aussi fait partie la directrice générale du CITVR, a coûté 3718$ au CITVR.

Cette mission Suisse-France a donné des idées d’initiatives à appliquer dans la région de Montréal. Parmi elles, l’implantation des panneaux indiquant le nombre de kilomètres à parcourir à pied entre différents sites, la réduction du nombre de zones de tarification et le développement des gares comme des milieux de vie avec commerces.  

Diane Lavoie confirme que l’AQTIM était sur «une bonne lancée» pour l’application de certaines pratiques, mais l’annonce du projet de loi 76 est venue ralentir les projets. Beaucoup d’énergie a été mise sur le projet de loi.

Toutefois, elle assure que la mission en Suisse a déjà permis une évolution pour certaines pratiques comme l’intégration dès le départ du transport collectif dans les nouveaux projets de développement.

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