30 janvier 2019
Devenir des bâtisseurs
Par: L'Oeil Régional

Architectes, urbanistes, élus, votre mission est d’être non pas des constructeurs, mais des bâtisseurs.

Je suis d’un pays où les villes et villages se sont bâtis organiquement, enroulés autour de leurs châteaux, cathédrales, églises, nichés sur les pentes de leurs montagnes, coulés le long des fleuves et des rivières.
Je suis d’un âge qui a vu les générations se suivre et répéter les mêmes erreurs tout en croyant faire nouveau et différent. Je suis d’une époque qui a vu ces villes et villages se dénaturer sous le joug des supermarchés, zones commerciales, murailles de béton d’immeubles sans caractère ou trop voyants, tous ces cancers architecturaux de la « modernité ». Qu’est-ce qu’un cancer? Une prolifération de cellules folles qui ont perdu les repères du programme inné du corps, son programme naturel. C’est un cancer de ce genre que vous voulez « construire » sur la rue Saint-Georges, étranger une fois de plus au caractère naturel de Mont-Saint-Hilaire, à son évolution organique.
Votre gros village (ou ville pour certains), si vous voulez encore en être fiers, regardez, observez, réfléchissez, informez-vous, approfondissez. Lors du dernier conseil de ville du 14 janvier, un citoyen vous a apporté une recherche sur la valeur patrimoniale de l’hôtel de ville. Voilà un exemple de recherche qu’un urbaniste au service d’une Ville devrait devoir faire et pouvoir partager avec les citoyens lors des consultations dans le but de bâtir sur le passé en l’honorant (mémoire d’Honorius!) en le bonifiant.
Notre ville entre rivière et montagne est un joyau. Vous y accédez par le pont Jordi-Bonet sur un fleuve, le Richelieu. Une entrée magnifique et qui suggère des attentes quant au reste de la ville à celui qui l’aborde. Faites de l’architecture un art à nouveau, faites du beau, faites différent, faites du bon et vous aurez du succès. Cessez de répandre des cancers, étrangers au milieu naturel. Ce milieu donne le ton. Écoutez-le, honorez-le.
L’Amérique du Nord est un pays neuf et de grands espaces. Les vieux pays, à la population dense, manquent d’espace, et pourtant! On ne compte plus en Europe d’une ville, d’un village à l’autre, les places, esplanades, sentiers de randonnées, promenades le long des fleuves, rivières et canaux. Alors qu’est-ce qui ne marche pas chez nous? N’est-ce pas le système de valeurs? […] On peut jumeler la réussite et l’art de vivre, la boulangerie Le Pain dans les Voiles et L’Eau Vive en sont des preuves vivantes. Faisons de la place aux valeurs auxquelles nous croyons, il faut innover, oser, oui oser le vrai changement, M. le Maire. On peut vous aider, participer. Le caractère de la ville peut être soutenu. Intégrez la nature partout dans la ville, sur le moindre bout de terrain encore libre comme l’ont fait Marcel Lebœuf et André Michel. […] Nos stationnements peuvent être entourés d’arbustes à petits fruits, de pommiers, amélanchiers. Écoutez vos jardiniers, paysagistes, photographes, vrais architectes, ceux qui voient, qui ressentent, qui laissent leur trace.
Ma demande aux élus est de considérer notre offre d’aider à cette transformation, à l’avènement d’une action progressive et constructive vers un développement qui n’en « échappera plus », mais en « créera plus », vers un futur vivant et épanouissant, réaliste et pratique.

Nelly Vidal, propriétaire les Aliments Naturels L’Eau Vive Mont-Saint-Hilaire

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