26 février 2020
Développement et confusion
Par: Vincent Guilbault
Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

Je crois que nous avons besoin d’une bonne leçon en matière de compréhension de l’urbanisme, de patrimoine et de gestion du territoire. Depuis l’adoption du Plan métropolitain d’aménagement et de développement de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), je sens que si la gestion du territoire est plus claire pour les élus, elle est devenue plus complexe pour le citoyen. Pour le résident moyen, ce plan se traduit la plupart du temps par plus de « maudits condos ».

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Depuis quelques années, la question du territoire prend de plus en plus de place dans nos pages. Nous avons toujours eu un projet majeur dans l’air.
Mais c’était un dossier à la fois. Depuis un certain temps, ça foisonne. Belœil est en explosion et atteindra bientôt sa limite d’étalement. Les projets pullulent à Mont-Saint-Hilaire et après des années de va-et-vient, Otterburn Park développera probablement ses derniers espaces dans les prochains mois et années.
Et c’est loin d’être terminé. Une fois tout l’espace occupé, on se tournera vers l’intérieur. Un condo dans l’ancien presbytère à McMasterville; un carré Saint-Jean-Baptiste revu à Belœil; une rue Saint-Georges encore floue. Et alors que les familles étaient nombreuses à vivre dans nos maisons et nos bungalows, elles seront maintenant plus petites. Les plus vieilles maisons laisseront place plus rapidement qu’on le pense à de plus petites unités d’habitation. On va grandir de l’intérieur.
Il faut y voir un signe dans les déclarations de la mairesse de Belœil Diane Lavoie qui confirme que les demandes de démolitions de vieilles maisons augmentent sans commune mesure. Belœil veut justement se doter d’une réglementation un peu mieux adaptée pour protéger les maisons à haute valeur patrimoniale. Bon, on tenait le même discours en 2014 en adoptant justement une politique d’entretien des bâtiments pour éviter l’abandon de vieilles maisons dans un dessein de les rendre invivables et donc propice à leur remplacement par des condos. Espérons que cette fois, c’est la bonne.
Mais du même coup, on mélange un peu tout. Est-ce que valeur patrimoniale se traduit toujours par valeur historique? Est-ce que vieux veut toujours dire patrimonial? Pour un profane, et j’en suis, c’est compliqué.
Parfois, le point de vue est juste irréconciliable. Par exemple, le vieux restaurant Ostéria a été remplacé par un bâtiment plus moderne dans le Vieux-Belœil. Le bâtiment n’a plus de valeur patrimoniale en soi, mais je trouve qu’il finit par bien s’intégrer dans le décor. Certains vous diront le contraire avec raison.
Encore, je regarde la caricature de mon collègue dans cette page et je remarque que nos visions divergent. Je reconnais la valeur historique du Vieux-Belœil et j’ai pris la peine de lire le mémoire sur l’apport patrimonial du quadrilataire de la Société d’histoire, qui a fait un très bon travail. Pourtant, je n’ai pas le même attachement pour une partie du carré qui semble en partie beaucoup plus vieux et vétuste que patrimonial et historique. Encore, je n’ai pas la prétention d’être un expert. Juste un quidam qui se questionne sur la place de l’ancien devant le nouveau. Peut-être que la nouvelle réglementation en matière de protection du patrimoine proposée par Belœil nous permettra d’y voir plus clair. Sauf pour le carré Saint-Jean-Baptise, dont le sort semble presque scellé.

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