20 septembre 2018
Deux visions
Par: Vincent Guilbault

Est-ce que la multiplication des séances d’information ou de consultation servira vraiment à dissiper les craintes entourant le projet de centre-ville sur la rue Saint-Georges? Laisse-moi en douter.

Oublions le départ; Mont-Saint-Hilaire a erré dans les premiers moments du dévoilement du projet. Le citoyen comprenait mal l’étendue d’un «centre-ville» à Mont-Saint-Hilaire. Mais la dernière séance d’information donnait amplement de détails sur le projet et je propose de commencer la conversation à partir de ce moment.
La Ville semble transparente et le promoteur aussi. Steve Richard, de Odacité, a rapidement dévoilé les détails au journaliste et je ne peux que le féliciter. Il a rapidement admis qu’un IGA pourrait voir le jour sur la rue Saint-Georges.
Mais les craintes citoyennes sont légitimes. Je pense seulement aux résidents de l’Office municipal d’habitation, sur la rue du Centre-Civique, qui ont peur de voir leur stationnement et leur cour être massacrés au profit d’un projet d’envergure.
Sans être parfait, le processus d’information suit son cours et le citoyen semble avoir sa voix au chapitre. Mais il est clair que deux visions s’affrontent ici et je vois mal une résolution de ce conflit. La Ville aura le devoir de rassurer les citoyens. Sinon, elle doit demander au promoteur de retourner à la planche à dessin.
Mais malgré toutes les explications, certains citoyens ne seront jamais convaincus. Car je soupçonne qu’une partie de l’opposition au projet est d’abord une opposition à tout développement d’envergure. L’Association des citoyens de Mont-Saint-Hilaire a raison de dire que la rencontre de juin sur la question laissait croire au dialogue, alors que finalement, les décisions semblaient déjà toutes prises d’avance. Mais l’Association doit laisser tomber ce morceau et aller au-delà de sa crainte initiale, soit celle d’une peur d’une dénaturation de la ville et de son cachet champêtre. Car je vois mal en quoi ce projet va dénaturer un secteur déjà hautement commercial et urbain. Il faudra aller au-delà de l’opposition au développement.
La hausse de la circulation, par exemple, est une crainte légitime, surtout avec le développement possible de la zone A-16. Et la Ville peut bien nous chanter qu’une épicerie est considérée comme un commerce de proximité, faudra quand même pas me faire croire que les résidents feront tous leurs emplettes à vélo.
J’ai aussi un bémol concernant la position de Louis Toner. Le conseiller municipal était en faveur du projet, mais il a changé son fusil d’épaule. C’est son droit le plus légitime, mais je ne suis pas d’accord avec l’argument de l’absence d’acceptabilité sociale. Même si 300 personnes se sont présentées à la soirée d’information, et que certains ont soulevé de valides craintes, il est encore trop tôt ans le processus pour parler d’un manque d’accessibilité sociale. Et de l’opposition, il y en aura toujours. Je comprends son argument d’une course effrénée au développement dans la grande région de Montréal et il faut rester vigilant. Mais je crois qu’il faut juger ce projet pour ce qu’il est, et non pas pour les portes qu’il pourrait ouvrir. Une chose à la fois. Mais en fin de compte, je suis content de savoir que les opposants auront une voix au sein du conseil municipal.
Maintenant, la Ville doit travailler encore plus fort pour informer ses citoyens. Plus encore, elle doit les rallier dans un projet qui pourrait être rassembleur s’il est bien mené. Surtout si tout le monde s’écoute. S’écoute pour vrai, je veux dire.

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