17 octobre 2019
Mont-Saint-Hilaire
Deux autres élus veulent la tête du maire
Par: Denis Bélanger

Sylvain Houle (deuxième à gauche) et Emile Grenon Gilbert (à droite) se positionnent maintenant en faveur de la démission du maire. Sur la photo, on les voit en compagnie d’autres conseillers et du maire Yves Corriveau à l’occasion du dévoilement de l’équipe d’Avenir Hilairemontais pour les élections de 2017. Photothèque | L’Œil Régional ©

Rien ne va plus entre le maire de Mont-Saint-Hilaire, Yves Corriveau, et les conseillers municipaux. C’est au tour d’Émile Grenon Gilbert et de Sylvain Houle de demander la démission du premier magistrat. Seul Jean-Pierre Brault n’a pas souhaité le départ de M. Corriveau depuis la controverse suscitée autour du Burundi.

Rappelons que, contrairement à leurs trois autres collègues, Émile Grenon Gilbert et Sylvain Houle faisaient partie d’Avenir Hilairemontais depuis 2013, le parti du maire Yves Corriveau. Ils sont conscients que le maire a été élu démocratiquement et que, concrètement, seuls les citoyens peuvent changer les choses en 2021. Mais les deux élus ne croient plus en la capacité d’Yves Corriveau de rallier les Hilairemontais vers des objectifs communs. Ils estiment être en train d’assister à une gestion à la pièce et « traditionaliste ».

« Depuis quelques mois, nous constatons certains changements au niveau du premier magistrat. Un climat malsain s’est installé au sein de la Municipalité, du personnel et au-delà de Mont-Saint-Hilaire. Il reflète une exaspération croissante et un rejet de confiance à l’égard du premier magistrat. Il lui fut mentionné à plusieurs reprises l’importance de retisser des liens et de répondre honnêtement aux nombreuses questions des conseillers pour regagner leur confiance dans le but de faire progresser notre belle ville. Ce qui n’a pas été fait, ce qui a même été repoussé de la main à plusieurs reprises », écrivent-ils dans un communiqué cosigné.

Débat sur la vérité
Ce qui a jeté récemment de l’huile sur le feu est la présence de M. Corriveau à la résidence du consul honoraire du Burundi, Xavier Pinte, ainsi que les explications jugées contradictoires par plusieurs que le maire a données sur cet événement. Le sujet est revenu au centre des discussions lors de la séance ordinaire du conseil municipal du 7 octobre.

Le maire Yves Corriveau a confirmé à cette séance qu’il avait rencontré le premier vice-président du Burundi, Gaston Sindimwo. Au départ, il avait indiqué au journal qu’il avait rencontré l’équipe d’opposition sans confirmer le nom du politicien rencontré. De son côté, M. Pinte s’était contenté de dire qu’il s’agissait du chef d’opposition.

Un citoyen et témoin de l’événement a accusé le maire d’avoir menti sur la durée de sa présence chez M. Pinte. Le maire avait évalué sa visite à une dizaine de minutes. Le maire a finalement précisé qu’il a attendu une heure à la résidence de Xavier Pinte avant que le premier vice-président n’arrive. Selon le maire de Mont-Saint-Hilaire, il devait arriver plus tôt, et sa rencontre avec M. Sindimwo a duré quant à elle seulement 10 minutes.

« Comme dans toute résolution de conflit, il faut avouer ses torts et apprendre des erreurs commises. Ce qui n’a pas été fait. Le maire a refait les mêmes erreurs en allant à une soirée du consul honoraire et nous a menti. Pourquoi? C’est ce déni total de l’impact de ses actions sur l’appareil administratif et sur notre fonction qui nous amène à prendre cette décision », renchérissent MM. Grenon Gilbert et Houle.

Le maire Yves Corriveau indique de son côté que les deux conseillers ne font pas la différence entre « menterie »  et « interprétation réelle ». « Une menterie aurait été que j’ai rencontré le Burundais durant une heure lorsque j’ai affirmé 10 minutes. L’interprétation réelle est que je considérais sans importance le fait que j’ai dû attendre une heure avant qu’il arrive puisqu’il était en retard; c’est pourquoi je leur ai parlé de la rencontre de 10 minutes seulement. »

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