4 novembre 2020
Reprise économique en Montérégie
Desjardins prévoit un retour au niveau de croissance pré-COVID à la fin de 2021
Par: Vincent Guilbault
Guy Cormier, président et chef de la direction du Mouvement Desjardins
Photo gracieuset�

Guy Cormier, président et chef de la direction du Mouvement Desjardins Photo gracieuseté

Charles Milliard, président de la Fédération des chambres de commerce du Québec.
Photo gracieuseté

Charles Milliard, président de la Fédération des chambres de commerce du Québec. Photo gracieuseté

La reprise économique devrait avoir lieu en 2021, mais il faudra attendre la fin de l’année pour que le niveau de croissance ressemble à celui d’avant la pandémie, prédit Guy Cormier, président et chef de la direction du Mouvement Desjardins.

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Cet automne, Desjardins et la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), de concert avec le réseau des chambres de commerce, ont lancé la tournée « En mouvement pour la relance socioéconomique ». Le 28 octobre, M. Cormier et le président de la FCCQ, Charles Milliard, ont pris la parole dans une conférence virtuelle pour discuter des enjeux spécifiques à la Montérégie.
Même s’il se montre positif, M. Cormier dresse tout de même le portrait d’une économie montérégienne endommagée par la pandémie. Si la baisse du PIB se chiffre à 4,8 % dans l’ensemble du Québec, la baisse a grimpé jusqu’à 5 % ici. Concrètement, entre mars et mai, cette baisse s’est traduite par une perte nette d’environ 112 600 emplois, soit 20 % des emplois perdus dans la province. Mais sur une fenêtre de mars à août, c’est 37 800 postes qui ont été perdus, ce qui révèle une relance dans le milieu de l’emploi.
Le taux de chômage pour 2020 devrait se situer à 8,6 %. En 2021, il devrait se stabiliser autour de 6,5 %, comparativement à 7 % pour l’ensemble de la province.
La baisse de 5 % du PIB représente une perte de 3,3 milliards de valeurs économiques qui se sont évaporées dans la région. « Et ça ne compte pas tous les autres éléments […] comme l’angoisse, le stress. […] Nos aînés, nos jeunes et nos familles, ça ne se quantifie pas, mais il y a eu un impact important », souligne le PDG.
M. Cormier se veut rassurant et souligne que les économistes de Desjardins prévoient une remontée de l’économie en 2021 si la pandémie demeure sous contrôle. Les économistes anticipent une croissance économique de 6,8 % en Montérégie.
La Montérégie compte aussi sur une économie très diversifiée. « Oui, votre économie est touchée de plusieurs façons, mais votre diversification va vous aider à relancer plus rapidement votre économie à travers plusieurs secteurs d’économie. » Desjardins pense que des projets comme le Réseau express métropolitain (REM) et le projet de terminal de conteneurs à Contrecœur (investissements de plus de 700 000 M$) devraient être bons pour relancer la région.
L’économie montérégienne devra toutefois faire face à différents enjeux, notamment le manque de main-d’œuvre, la fermeture des frontières et les dommages causés à l’industrie de l’aéronautique, un secteur qui remontera plus lentement.
Sur le manque de main-d’œuvre, M. Cormier souligne que l’indice de remplacement de la Montérégie est situé à 73, c’est-à-dire que pour 100 départs à la retraite, seulement 73 jeunes entrent sur le marché du travail, ce qui représente un enjeu stratégique important dans le milieu de l’emploi. « C’est encore plus de concurrence pour vos entreprises, et ça peut même bloquer des projets, avoir des pressions sur la masse salariale et même forcer des entreprises à déménager dans des milieux où il y a plus de gens. »

Télétravail et environnement
La relance économique doit passer par une révision du modèle économique, pense Guy Cormier. « Je ne pense pas qu’on doit chercher à retrouver ce qu’on avait; on devrait chercher comme entrepreneurs à être meilleurs. » Le PDG constate que la crise a accéléré la transformation numérique, notamment au niveau du télétravail et de l’automatisation des chaînes de production.
M. Cormier insiste sur l’importance d’une relance « verte et équitable ». « La crise nous oblige à repenser à nos façons de produire et de consommer. Donc, il faut en profiter pour faire mieux. Nous devons être plus efficaces, propres et solidaires. » Le PDG cite en exemple le recours à l’économie circulaire, l’achat local ou encore l’autonomie financière, notamment avec les modèles de serres en agriculture et l’investissement dans les domaines reliés à l’électrification des transports, comme la conception de batterie. « Le vieux modèle d’extraire, de transformer et de jeter répond de moins en moins à une société moderne et il faut passer à autre chose. C’est insoutenable économiquement et environnementalement. »

Impacts de la COVID-19
Charles Milliard, de la FCCQ, a profité de l’occasion pour présenter l’Observatoire FCCQ, un outil qui permet d’obtenir des données économiques auprès de ses membres. Dans un récent sondage dévoilé par la plate-forme réalisé auprès d’entreprises et d’organismes de la Montérégie, on apprend que 72 % des entreprises évaluent que la pandémie a eu un impact négatif sur leur organisation. Le télétravail demeure fortement populaire, et 83 % des entreprises sondées offrent cette possibilité à leurs employés.

465 000 $ pour deux projets de la région
Dans le cadre de la tournée virtuelle En Mouvement pour la relance socioéconomique du Québec, le président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, a annoncé un appui financier à deux projets de la région par l’entremise du Fonds du Grand Mouvement.
Desjardins a annoncé un montant de 345 000 $ pour Nature-Action Québec  pour la conception d’un registre du patrimoine naturel, paysager et agricole de la région de la Montérégie-Est. En plus de la création d’un registre, Nature-Action Québec s’assurera de la mise en valeur de trois sites spécifiques, soit ceux du parc du Domaine Aurèle-Dubois à Belœil, celui du Ruisseau-Bernard à McMasterville et, finalement, celui des Étangs-Antoine-Charlebois à Sainte-Julie.
Le Centre de la Nature du mont Saint-Hilaire recevra pour sa part un montant de 119 580 $ pour son projet Viens faire le tour! Le projet vise à réaliser la plus grande acquisition de milieux naturels en piémont ainsi que le plus grand accroissement de l’offre de sentiers. Le projet permettra la conservation de 20 hectares de milieux naturels, l’aménagement de 7,5 kilomètres de sentiers, la mise en place d’un parcours d’interprétation et la plantation de 3500 arbres. Pour réaliser ce projet, le Centre fera notamment appel aux élèves des écoles de la région.
Notons que depuis 2016, Desjardins s’est doté d’un fonds de 250 millions de dollars afin d’appuyer des projets. Le Fonds du Grand Mouvement a soutenu plus de 400 projets. n

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