31 octobre 2018
Fermeture du Centre de soutien et de services aidants/adultes
Des services en moins pour les aidants naturels
Par: Denis Bélanger

Avec la fermeture du CSSAA, des aidants naturels doivent se tourner vers d’autres organismes qui offrent des services de répit. Photo: Pixabay

Depuis cet été, les milliers d’aidants naturels de la Vallée-du-Richelieu se retrouvent avec une ressource en moins. Le Centre de soutien et de services aidants/adultes (CSSAA) de Saint-Hyacinthe, desservant la Montérégie-Est, a fermé ses portes en juillet en raison de problèmes financiers. Des organismes de la région ont dû réajuster le tir.

L’aventure du CSSAA aura été ainsi de courte durée, soit moins de trois ans. Les locaux du centre avaient été inaugurés à l’automne 2015. Les gestionnaires avaient beaucoup d’ambition à l’époque pour l’offre de service, souhaitant notamment offrir un service d’appel automatisé pour la prise de médicaments et de l’hébergement. L’organisme offrait aussi de l’accompagnement médical et une halte-répit.

Certains aidants peuvent maintenant se tourner vers le Centre de bénévolat de Saint-Hyacinthe qui offre l’accompagnement médical pour les résidents de la MRC des Maskoutains. Le service est toutefois facturé. Le directeur général du Centre, Benoit Bellavance, a confirmé que son organisme a reçu un volume d’appels plus élevés pour l’accompagnement médical. «C’est certain qu’à chaque fois qu’il y a des services qui sont coupés, autant de notre bord que chez un autre organisme, nous trouvons ça dur, car les utilisateurs sont pénalisés», ajoute M. Bellavance.

De plus, le contrat de service de transport du CSSAA avec les sœurs de Saint-Joseph a été récupéré par Services IAMD, une entreprise privée lancée en 2017 par le fils de l’ancienne directrice générale de l’organisme défunt.
Pour sa part, la Société Alzheimer des Maskoutains-Vallée des Patriotes a remis en place il y a deux semaines le service de halte-répit. «C’était un peu déstabilisant au début, mais après, les activités ont repris normalement», a souligné le directeur général Marc Trudelle. À Belœil, la Maison de la famille de la Vallée-du-Richelieu offrait déjà du répit à domicile et du répit à son pavillon des aînés. L’organisme offre aussi des ateliers et du soutien émotionnel individuel pour les aidants naturels.

Du côté du bureau de circonscription du député de Borduas et maintenant ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, on n’a reçu aucune plainte ni aucun commentaire en lien avec cette fermeture. Mais on a tenu à préciser que le gouvernement est bien conscient de la réalité difficile des aidants naturels. «C’est pourquoi [la CAQ] s’est engagée durant la campagne électorale à mettre en place une politique nationale des aidants naturels, à ouvrir davantage de maisons de répit de type Gilles-Carle ainsi qu’à bonifier l’aide financière aux aidants naturels», a souligné l’attachée de presse de M. Jolin-Barrette, Marie-Hélène Leboeuf.

Selon le Regroupement des organismes montérégiens d’aidants naturels, on retrouve dans les villes les plus populeuses de la MRC 7100 aidants de 45 ans et plus.

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