13 février 2019
Des rangs à Saint-Antoine toujours sans internet haute-vitesse
Par: Sarah-Eve Charland

La majorité des municipalités de la région sont branchées à internet haute vitesse.Photothèque | L’Œil Régional ©

Saint-Antoine-sur-Richelieu peine à obtenir un réseau internet haute vitesse sur l’ensemble de son territoire alors que d’autres municipalités comme Saint-Marc-sur-Richelieu et Saint-Charles-sur-Richelieu se sont dotées d’un réseau en collaboration avec une entreprise de la Rive-Sud.

La mairesse de Saint-Antoine-sur-Richelieu, Chantal Denis, dit attendre qu’un programme de subventions s’ouvre aux municipalités. Elle assure avoir soumis la problématique à quelques reprises aux députés. « Ils nous ont répondu qu’ils allaient nous avertir dès qu’il y aurait un programme de subventions. Il y a eu différentes annonces pour d’autres municipalités, mais Saint-Antoine n’en faisait pas partie. On va relancer le député », souligne Mme Denis.

Lors de la campagne électorale, la Coalition avenir Québec (CAQ), dont fait partie le député de Borduas Simon Jolin-Barrette, avait promis de brancher l’ensemble du Québec à internet haute vitesse d’ici 2022 pour un investissement de 400 millions de dollars. Le journal Le Devoir a toutefois annoncé, le 5 février, que le gouvernement prendrait plus de temps et d’argent pour réaliser cette promesse.

« C’était une promesse de la CAQ. Simon Jolin-Barrette est conscient que certains citoyens n’ont pas de réseau haute vitesse dans sa circonscription. Le député d’Orford, Gilles Bélanger, a été nommé adjoint parlementaire et travaillera sur le dossier », ajoute l’attachée de presse du député, Marie-Hélène Leboeuf.

Saint-Charles-sur-Richelieu a collaboré à un projet de l’entreprise Préfil Rive-Sud pour instaurer le réseau haute vitesse, une option qui a été brièvement envisagée par Saint-Antoine-sur-Richelieu.

« Je pense qu’il faut installer des modules qui permettent une transmission d’ondes. On n’a pas vraiment exploré ce volet-là. Il y a des coûts aussi. On espère avoir une subvention du côté provincial », ajoute la mairesse Chantal Denis.

Il est aussi possible pour les citoyens de la municipalité de se joindre à la Coopérative service internet Pierre-De Saurel, mais il ne doit pas y avoir d’obstruction, comme des arbres, dans le réseau d’ondes.

Un nouveau réseau à Saint-Charles-sur-Richelieu

La municipalité de Saint-Charles-sur-Richelieu a implanté un poteau permettant ainsi à l’entreprise Préfil Rive-Sud d’y installer leur antenne. Cela a pris près d’un an à finaliser le réseau internet, souligne le technicien de Préfil Rive-Sud, Philippe Boudreault.

« Saint-Charles-sur-Richelieu avait des besoins. […] Il y avait des familles dont les enfants n’étaient pas capables de faire les travaux d’école. Certains ne pouvaient pas travailler de la maison. Ça a commencé avec un client de Saint-Marc. Il avait internet à sa ferme, mais pas à sa cabane à sucre. On a lié des micro-ondes avec des antennes et on s’est rendu à sa cabane à sucre. Ça a déboulé d’un client à l’autre. On [a démarré] un réseau », raconte M. Boudreault.

L’entreprise place des antennes sur des installations déjà existantes comme les silos des agriculteurs ou sur une église. En créant un réseau à Saint-Charles-sur-Richelieu, l’entreprise a acquis 75 nouveaux clients. L’entreprise couvre également le territoire de Saint-Marc-sur-Richelieu. « Ce ne sont pas des secteurs oubliés, mais ce n’est probablement pas rentable pour les gros joueurs », estime M. Boudreault.

La municipalité de Saint-Charles-sur-Richelieu avait effectué des démarches auprès des grands joueurs comme Vidéotron et Bell. Ces entreprises auraient affirmé devoir injecter des investissements s’élevant à des centaines de milliers de dollars pour couvrir le territoire. Elles demandaient aussi à la municipalité de participer aux coûts, qui dépassaient ce que pouvait se permettre l’administration municipale. La municipalité a plutôt investi environ 15 000 $ pour installer le poteau où l’antenne de Préfil Rive-Sud a été placée.

La MRC de la Vallée-du-Richelieu a lancé une étude dans les dernières semaines pour avoir un portrait du nombre de ménages ayant accès à internet haute vitesse sur le territoire.

« Le but de cet exercice est d’avoir un portrait à jour de la situation réelle sur le territoire. Nous ne sommes pas en mesure, pour l’instant, d’affirmer s’il y aura subséquemment des orientations prises. Le Conseil de la MRC pourra s’y pencher au moment opportun », conclut l’agente de communications de la MRC, Ariane Levasseur.
Préfil Rive-Sud prépare aussi l’installation d’un réseau pour se rendre à Sainte-Madeleine ce printemps.

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