11 juin 2020
Des manifestants s’opposent au projet de loi 61
Par: Vincent Guilbault
Des manifestants se sont massés mercredi, sur le boulevard Sir-Wilfrid-Laurier, à Belœil.
Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

Des manifestants se sont massés mercredi, sur le boulevard Sir-Wilfrid-Laurier, à Belœil. Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

Une centaine de manifestants contre le controversé projet de loi 61 se sont relayés de 16h à un peu plus que 18 h, mercredi, à Beloeil devant le Mail Montenach. La police estime plutôt la foule à une cinquantaine d’individus, et confirme que la manifestation s’est conduite dans le calme.

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Initiatrice de la manifestation, Arianne Labonté, de Mont-Saint-Hilaire, tenait surtout à attirer l’attention des citoyens sur les possibles dérives du projet de loi 61 qui vise à relancer l’économie du Québec par la mise en œuvre d’importants projets d’infrastructure.
Comme plusieurs manifestants, Mme Labonté craint que le projet de loi se traduise par un contournement des lois en environnement pour accélérer la reprise économique en se concentrant surtout sur la construction. « C’est important de repartir l’économie, mais le projet de loi 61 vise surtout à le repartir au niveau des infrastructures. Mais il y a d’autres sphères de l’économie qui sont importantes. Le plan de relance ne parle pas des restos, du tourisme, des arts. »
Surtout, le projet de loi dans sa forme actuelle facilite l’octroi de contrats gouvernementaux sans passer par un processus d’appel d’offres, ce qui ouvre la porte à la collusion ou la corruption, dit-elle. Mme Labonté souligne aussi que le projet de loi facilite trop l’expropriation et accorde trop d’impunité aux ministres en les plaçant « au-dessus des lois ». De plus, il étend la période d’état d’urgence sur six mois, ce qui donne encore plus de pouvoir au gouvernement.
Alors que la CAQ a déjà amendé quelques articles avant l’adoption du projet de loi, Mme Labonté maintient que, même si on amende une « loi monstrueuse pour avoir l’air gentil, ça n’en reste pas moins une loi horrible » .
« Je ne démonise pas la CAQ. Je pense que c’est pertinent de repartir l’économie, je trouve ça louable. Beaucoup de commerces et de PME ont été déstructurés en raison de la pandémie et il faut leur insuffler une nouvelle énergie. »
Mais au-delà de soutenir le milieu de la construction, il faut selon elle profiter de l’occasion pour repenser notre économie. « Cette pandémie, c’est l’occasion de prendre une pause, un recul. L’occasion de se demander où l’on veut investir nos fonds publics. Il y a beaucoup à faire en environnement et dans l’économie verte et les Québécois sont prêts à le faire. »
La manifestation s’est tenue pacifiquement, mais il a été impossible de respecter le deux mètres de distanciation sociale, admet l’organisatrice, qui souligne que plusieurs manifestants portaient tout de même leur masque.

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