1 février 2018
Le propriétaire du bâtiment évacué voulait aider
Des immigrants haïtiens vivaient dans des logements en «décrépitude»
Par: Denis Bélanger

Le 80-82 Ozias-Leduc abritait 13 Haïtiens. Photo: François Larivière

La Ville de Mont-Saint-Hilaire a dû faire évacuer en décembre les occupants du 80-82, chemin Ozias-Leduc. Le bâtiment non conforme hébergeait 13 locataires et se trouvait en état de décrépitude et d’encombrement.

L’édifice a servi autrefois d’entrepôt à pommes avant d’être converti en résidence pour personnes âgées. Le propriétaire Johnson Julis Joseph, originaire du Sri Lanka, est arrivé au pays il y a plusieurs années et est maintenant citoyen canadien.

En novembre dernier, il a loué des appartements à quatre ménages, dont trois au moins étaient des immigrants. «J’ai accueilli des Haïtiens qui m’avaient été recommandés par la Maison d’Haïti de Montréal. J’étais prêt à aider, car j’ai été moi-même un immigrant», rapporte M. Joseph.

Les pompiers ont toutefois inspecté les lieux à la suite d’un signalement. En plus de présenter plusieurs risques pour la sécurité, la résidence enfreignait le règlement de zonage qui permet seulement de l’unifamilial. Des usages complémentaires sont permis, mais l’espace que ça peut occuper demeure relativement petit pour ce grand bâtiment. La Ville a donc mandaté une firme d’avocats pour entreprendre des procédures judiciaires.
Une entente hors cour est survenue peu de temps avant les fêtes dans laquelle l’investisseur s’engageait à faire évacuer le bâtiment, le barricader et d’effectuer une série de travaux avant de pouvoir occuper le bâtiment à nouveau. Le propriétaire n’a toutefois pas encore demandé de permis pour ces travaux.

Johnson Julis Joseph ne sait pas quoi faire avec le bâtiment, acquis à la suite d’une reprise de faillite pour plus de 300 000 $, en 2012. Il affirme avoir investi plusieurs milliers de dollars dans le bâtiment, entre autres pour sécuriser son logement à la suite d’actes de vandalisme, notamment en 2015. L’homme, qui demeure maintenant sur l’île de Montréal, a fait installer par la suite des barreaux dans les fenêtres. M. Joseph a aussi cherché à vendre l’immeuble, sans succès.

Un bon samaritain
Johnson Julis Joseph veut rencontrer la Ville pour voir ses options et il pourra compter sur l’aide de l’ancien maire d’Otterburn Park Gérard Schafroth. Ce dernier a voulu donner coup de main après avoir croisé une des familles qui logeaient au 80-82 Ozias-Leduc. «Je les ai vus sur Ozias-Leduc, après je leur ai donné plusieurs coups de main. Puis j’ai rencontré par la suite le propriétaire.»

M. Schafroth pense que le portrait de l’état des lieux n’est pas aussi noir que le laissait entendre la municipalité. «Le bâtiment contient de belles chambres. On aurait dû aider M. Joseph à trouver une solution au lieu de le laisser seul dans cette situation.»

De son côté, Mont-Saint-Hilaire mentionne que Johnson Julis Joseph n’a présenté aucun projet pour son bâtiment. «Qu’il nous présente un projet ou une idée et on va l’analyser», commente le directeur du Service de l’aménagement du territoir

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