26 août 2020
Des Gallois à Mont-Saint-Hilaire
Par: Olivier Dénommée
Durant sa résidence artistique, le couple a participé à une session photo avec le photo- graphe Richard Blouin, où ils ont volontiers exploré leur côté bohème. « C’est un peu une représentation ironique [tongue-in-cheek] de ce que nous sommes en ce moment parce qu’on voyage à travers le Canada et qu’on vit dans une van », lance en riant Phoebe Phillips. Photo Richard Blouin

Durant sa résidence artistique, le couple a participé à une session photo avec le photo- graphe Richard Blouin, où ils ont volontiers exploré leur côté bohème. « C’est un peu une représentation ironique [tongue-in-cheek] de ce que nous sommes en ce moment parce qu’on voyage à travers le Canada et qu’on vit dans une van », lance en riant Phoebe Phillips. Photo Richard Blouin

Max Griffiths et Phoebe Phillips forment un couple d’artistes du Pays de Galles qui, après leur mariage, ont eu l’idée de passer une lune de miel de deux ans en voyageant à travers le Canada. Après quelques mois en Ontario, leur chemin les a menés au Verger créatif de Mont-Saint-Hilaire, où ils étaient invités pour une résidence artistique d’un mois. L’Œil Régional a rencontré le couple juste avant qu’il reprenne sa route.

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« C’était notre première fois ici. On tenait à venir au Québec et à être près de Montréal sans être en ville. Joann Côté, elle-même une artiste accomplie, nous a accueillis ici », explique le musicien Max Griffiths. Le coup de foudre a été instantané pour la région. « Après des mois en Ontario, on ne savait pas à quoi s’attendre, mais on a trouvé le Québec magnifique : les paysages, les gens, la culture… Tout s’est passé natu- rellement », ajoute Phoebe Phillips, artiste en arts visuels.

Milieu inspirant
Pendant un mois, le couple partageait son temps entre le travail de la terre et la création. « L’expérience globale nous a grandement inspirés. Même les mauvaises herbes ont été une inspiration. J’ai dessiné les choses que je voyais et ça a évolué d’une façon à laquelle je ne m’attendais pas », poursuit Phoebe. Seul élément fixe de la résidence artistique : les repas qui se passaient « en famille » et qui étaient une occasion d’échanger et de philosopher. « Les conversations qu’on a eues sur l’importance d’être authentique et de mettre ses tripes dans son art m’ont vraiment frappé. Je pense que c’étaient des discussions néces- saires pour nous aider dans notre art », estimeMax.
Joann Côté garde elle aussi d’agréables souvenirs de ces discussions autour de la table. « C’était une dynamique très intéressante. Cette résidence artistique a été en quelque sorte un échange culturel, mais aussi un échange intergénérationnel. Ça a donné lieu à des discussions incroyables », relate-t-elle, estimant que ces échanges enrichissants influenceront son propre rapport à l’art.
Les rencontres ont été un important carburant pour alimenter la créativité du couple de Gallois, mais les lieux ont aussi été une grande source d’inspiration pour Phoebe, qui a vu la « fragilité » dans certaines fleurs qui poussaient à proximité et qui y a consacré quelques dessins. « Normalement, je ne fais pas vraiment de noir et blanc, mais je sentais qu’il fallait laisser comme ça. Il y a une idée de fragilité et de féminité là- dedans. C’est cliché de dire ça, mais c’est aussi un peu ma quête pour définir qui je suis! J’ai beaucoup aimé explorer ce concept à l’aide des fleurs trouvées dans le jardin. » Le mont Saint-Hilaire a aussi été un lieu que le couple a adoré visiter à quelques reprises durant son séjour au Verger créatif.

Max Griffiths et Phoebe Phillips se sont laissé imprégner par les lieux et les rencontres enrichissantes faites à Mont-Saint-Hilaire. Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

L’aventure se poursuit
Max et Phoebe étaient déjà au Canada lorsque la pandémie de COVID-19 a frappé la planète. Ils se sont bien adaptés à cette nouvelle normalité, même s’il leur arrive de s’ennuyer de leur pays d’origine.« Ça nous fait bizarre d’être si loin de chez nous en ces temps difficiles », affirme Phoebe, mais jamais les projets du couple n’ont été compromis malgré tout. Au lendemain de l’entrevue, les artistes partaient déjà en direction du Nouveau-Brunswick pour atteindre la Nouvelle-Écosse.
Les Gallois ont quitté le Québec avec des souvenirs indélébiles des rencontres faites cet été. « On a adoré le Québec et on aimerait bien y revenir plus tard pour revisiter ce qu’on a vu et rencontrer d’autres gens. Tout le monde a été très gentil malgré la barrière de la langue et je crois que des amitiés durables sont nées », raconte Max, tout sourire. Le principal défaut de notre coin de pays? « Il fait tellement chaud l’été! Certains jours, on pensait fondre! », lance le musicien.

Exposition en septembre
Phoebe Phillips et Max Griffiths ne sont pas les seuls artistes à avoir été accueillis au Verger créatif cet été. « C’était un projet en collaboration avec la Ville de Mont-Saint-Hilaire et le ministère de la Culture, grâce auquel j’ai reçu quatre artistes en résidence artistique. La seule chose qui leur était imposée était de s’imprégner des lieux pour créer », explique Joann Côté au sujet du projet qui culminera en une exposition qui présentera à la fois les œuvres réalisées pendant cette résidence artistique et le processus créatif menant à ces créations.
« Cette exposition sera une espèce de bulle immersive à l’intérieur des artistes qui ont vécu ici », mentionne la commissaire de cette exposition où il sera notamment possible de voir les dessins de Phoebe et d’entendre la musique dépouillée de Max. Cette exposition sera ouverte au
public les 12, 13, 19, 20, 26 et 27 septembre, de 10 h à 17 h. Le Verger créatif est situé au 994, chemin de la Montagne, à Mont-Saint-Hilaire.

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