4 mai 2018
Des femmes d’affaires qui percent les milieux non conventionnels
Par: Denis Bélanger

Debout: la directrice générale de la CCIVR, Julie La Rochelle, Silvy Niquet et Marie-Claude Duval. Assise: Johanne Guertin. Photo: François Larivière

Les barrières sont tombées et les femmes ont aujourd’hui accès à toutes les sphères de l’emploi comme le démontre le parcours des femmes d’affaires Johanne Guertin (Constructions Bâtiments Québec) et Silvy Niquet (Gestion Silvy Niquet et Niquet Automobile) qui se sont retrouvées à la tête d’entreprises aux secteurs d’activités dits «plus masculins».

Les deux femmes étaient les conférencières du Dîner Femmes d’affaires de la Chambre de commerce et d’industrie Vallée-du-Richelieu (CCIVR), dont le thème était «Les milieux non conventionnels».

Partie pour mieux revenir
Johanne Guertin est à la tête de l’entreprise familiale depuis 2009. Elle a commencé à travailler en comptabilité pour Construction Bâtiments Québec en 1987. Vers la fin de son secondaire, Mme Guertin était attirée par les langues et s’est inscrite en traduction à Concordia. Elle s’est rendu compte que ce n’était pas fait pour elle. Au même moment, son père cherchait une personne pour s’occuper de la comptabilité.

L’aînée des quatre enfants a accepté l’offre pour dépanner son père un certain temps. Elle a eu la piqûre du métier et a complété par la suite des cours en administration.

Johanne Guertin a quitté le pays en 1996 pour suivre son mari aux États-Unis. Le voyage qui devait durer trois ans s’est finalement étiré jusqu’à 13. Elle est revenue au bercail quand son père lui a demandé de prendre la relève de l’entreprise.

Mme Guertin admet que les mentalités ont grandement changé ces dernières années. «Pour les générations de la mienne jusqu’à celle d’aujourd’hui, les paradigmes ne sont pas les mêmes. Les hommes et femmes sont habitués de travailler ensemble, il n’y a plus de questionnement. Les gars qui sifflent sur le chantier en voyant une fille, ça n’existe pas. Mais il y a 25 ans, quand j’ai commencé, toutes les farces plates, je les ai entendues.»

La fille qui prend le garage
Selon Silvy Niquet, elle n’était pas le premier choix de son père pour diriger l’entreprise. Décrivant son père comme sexiste, elle confie qu’il considérait que le garage était pour ses fils. Elle a dit à la blague qu’il s’est peut-être retourné dans sa tombe quelques fois lorsqu’elle est arrivée dans le portrait de l’entreprise en 1992.

À cette époque, elle était pressentie pour devenir associée dans un important cabinet de comptables, une offre qui se serait accompagnée d’une charge de travail importante. Au même moment, à l’entreprise familiale, son frère voulait retourner dans le milieu industriel et on cherchait une personne pour être acceptée comme concessionnaire automobile. Elle s’est tournée vers le secteur automobile et a ainsi établi une marque dont elle est fière. Aujourd’hui, Mme Niquet est à la retraite, mais encore active pour plusieurs causes.

Silvy Niquet estime que les femmes peuvent encore prendre davantage de place dans les hautes instances. «Il manque encore de femme au niveau des artères de pouvoir. Il devrait y avoir des quotas, car sinon on ne se rendra pas là assez vite. De plus, je vois que les femmes ne demandent pas assez quand on leur demande combien elles veulent comme salaire. Faites vos devoirs, on a tendance à se sous-estimer dans certains secteurs.»

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