10 mai 2016
Des employés municipaux menacés et intimidés
Par: Denis Bélanger
Des caméras de surveillance sont installées  aux départements d’urbanisme et des taxes et constats d’infraction

Des caméras de surveillance sont installées aux départements d’urbanisme et des taxes et constats d’infraction

Travailler pour une municipalité n’est pas sans risque. Des employés municipaux de Belœil se sont récemment sentis «menacés» par des citoyens. Des événements qui ont amené la Ville à prendre des mesures pour assurer une plus grande sécurité à ses salariés.

Si on compte depuis 2010 une dizaine de situations jugées «menaçantes», Belœil confirme que trois événements sont survenus au cours des trois derniers mois seulement: deux au département d’urbanisme et un au comptoir des taxes et constats d’infraction. Ce dernier événement s’est produit par téléphone et a mené au dépôt d’une plainte à la police.

La municipalité a ainsi décidé de faire ajouter prochainement un bouton panique au département d’urbanisme, comme on en trouve déjà un au service des taxes et constats d’infraction. Les deux comptoirs sont également équipés de caméras de surveillance. «Nous envisageons de refaire le système téléphonique pour avoir la possibilité d’enregistrer les appels. Nous sommes en train d’évaluer les coûts», ajoute la porte-parole de Belœil, Caroline Nguyen Minh.

De leur côté, des employés à l’urbanisme ont travaillé sur une procédure avec la clientèle difficile et sont en attente d’une approbation du conseil municipal.

D’autres villes proactives.

À Otterburn Park, on a avisé la police quatre fois depuis 2010. La Ville évalue d’ailleurs la possibilité d’adopter un règlement semblable à Granby afin de donner des contraventions aux citoyens qui font des menaces.

En 2013, Otterburn Park s’est inscrite au Plan de lutte contre l’intimidation de la Sûreté du Québec. «Il y en a de tout genre (des menaces), mais la plus fréquente est que le citoyen affirme qu’il va communiquer avec le maire et que l’employé va ainsi perdre son emploi», souligne la porte-parole Jenifer Brault.

Pour sa part, Mont-Saint-Hilaire note quelques situations où le client était agressif. Ces cas ont toutefois été gérés par les employés en place et il n’y a pas eu de dénonciations à la police. La municipalité a mis en place en 2013 un comité pour établir des procédures reliées à la sécurité des employés.

Ça se vit partout

Un jugement de la Cour municipale rendu en 2015 nous apprenait que l’inspecteur municipal de Saint-Marc-sur-Richelieu, Yvon Tardy, s’était senti intimidé lors d’une visite chez un citoyen lorsqu’il a vu ce dernier aller chercher une barre de fer. Mais il n’y a finalement pas eu de coups selon le principal concerné.

De plus, l’été dernier, le citoyen Michel Gauthier a été accusé de harcèlement criminel à l’égard de trois employés de la Ville de Longueuil. M. Gauthier est bien connu de la municipalité pour la «croisade» qu’il menait afin d’avoir une passerelle pour pallier le manque de lien piétonnier entre deux quartiers. Il doit revenir en cour le 21 juillet.

En 2012, à l’hôtel de ville de Verchères, un cas a fait couler beaucoup d’encre. Un citoyen avait poignardé le directeur général et son adjoint, mais ces derniers n’avaient subi que des blessures mineures. C’est d’ailleurs cet événement qui a poussé Belœil à instaurer une politique du respect et à offrir à ses employés une formation sur la clientèle difficile.

Trouver une solution

Le ton monte souvent lorsque le citoyen a des désirs qui contreviennent aux différents règlements et qu’il n’a donc pas ce qu’il veut. L’employé joue donc un rôle ingrat, selon l’avis de Denis Bourdon, inspecteur municipal à Saint-Denis-sur-Richelieu. «Je fais vivre des rêves ou je pète leur bulle. C’est toi qui as l’odieux de dire que ça ne fera pas l’affaire.»

Pour éviter que la situation ne dégénère, M. Bourdon refuse de se montrer insensible et inflexible. «Je comprends la frustration des gens. J’y vais d’une approche visant à trouver une solution.»

 

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