25 février 2021
Réouverture des musées
Des efforts sans relâche à La Maison amérindienne
Par: Olivier Dénommée
En quelques jours, cinq sculpteurs – André Michel, Bruno Tassé, Alain Dionne, André Boisvert et Philippe Fleury – ont donné vie à une gigantesque tortue sur laquelle les curieux peuvent glisser en toute sécurité dans le stationnement de La Maison amérindienne. Photo gracieuseté

En quelques jours, cinq sculpteurs – André Michel, Bruno Tassé, Alain Dionne, André Boisvert et Philippe Fleury – ont donné vie à une gigantesque tortue sur laquelle les curieux peuvent glisser en toute sécurité dans le stationnement de La Maison amérindienne. Photo gracieuseté

Avec la permission d’ouvrir depuis le 8 février, La Maison amérindienne a usé d’imagination pour revoir sa programma- tion afin de demeurer un musée incon- tournable dans la région tout en s’adaptant à la réalité sanitaire. Elle présente actuelle- ment l’exposition Makushan – Le festin d’André Michel, sur le thème d’une tradi- tion culinaire autochtone qui se fait de plus en plus rare.

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Pour l’occasion, le peintre-sculpteur ethnographe André Michel, aussi fondateur de La Maison amérindienne, a sorti de sa réserve une quarantaine de dessins à la sanguine réalisés pendant la quinzaine d’années où il demeurait à Sept-Îles. Durant cette période, il accompagnait pendant des mois des Innus en forêt pendant qu’ils chassaient et pêchaient pour les croquer sur le vif. « J’ai retrouvé des dessins dont j’avais même oublié l’existence. Ce sont des traces d’une époque révolue parce qu’il y a de moins en moins de famille qui pratiquent encore ce mode de vie », reconnaît M. Michel.

Avec l’impossibilité de tenir les traditionnelles activités du temps des sucres, il était naturel d’axer Makushan – Le festin sur le thème de la « bouffe » autochtone. « Cette exposition s’est décidée rapidement, à l’annonce de la possibilité de rouvrir nos portes, et n’est pas politisée du tout par rapport à ce que je fais normalement »,
ajoute l’artiste, y voyant un clin d’œil pour tous ceux qui se sont mis à la cuisine dans la dernière année.

Aux dessins à la sanguine s’ajoute de l’équipement de cuisine qu’André Michel a utilisé lors de ses périples en forêt en compagnie des Innus. Des informations sur les différentes étapes et procédés sont aussi présentées au fil de cette exposition qui sera installée jusqu’au 2 mai. L’exposition devrait par la suite voyager : elle sera cet été à Avignon, en France, si la situation sanitaire le permet à ce moment-là.

Respect des normes
Les portes du musée sont officiellement ouvertes depuis quelques semaines et on sent un bel engouement de la part des visiteurs. « La fréquentation est plus grande la fin de semaine. On voit beaucoup de visiteurs d’ici, mais aussi des gens de Montréal qui veulent quitter la ville sans aller trop loin », remarque Chantal Millette, directrice générale de La Maison amérindienne. Elle précise que la salle d’exposition a une capacité d’accueil de dix « bulles », mais qu’un sentier extérieur est aussi disponible au cas où il ne serait plus possible d’entrer dans l’immédiat. « Les gens sont contents de revenir et sont habitués aux normes sanitaires de la dernière année », ajoute-t-elle.

La célébration des 20 ans de La Maison amérindienne se poursuit et les visiteurs peuvent constater des changements comme le réaménagement de l’exposition permanente du Salon Riopelle. Mme Millette assure que d’autres projets de longue haleine sont dans les cartons pour le musée, incluant un incontournable virage numérique.
Pour en savoir plus sur les activités et les tarifs de La Maison amérindienne de Mont-Saint-Hilaire, il est possible de consulter le site www.maisonamerindienne.com.

Une sculpture éphémère
La Maison amérindienne doit malheureusement faire une croix sur certaines de ses activités phares du temps des sucres, mais propose tout de même plusieurs activités rassem- bleuses pour toute la famille du 27 février au 7 mars, incluant des contes autour du feu (14 h), un circuit nature sur le thème de « la survie hivernale » (départs aux 5 minutes) et un atelier de fabrication de capteurs de rêves (10 h 30 et 15 h). On invite les personnes intéressées à réserver leur place dans les différentes activités pour éviter les attroupements.

La Tortue.

À cela s’ajoute dès maintenant l’accès à La tortue, une gigantesque sculpture de neige construite récemment dans le stationnement de La Maison amérindienne qui sert également de glissoire pour le plaisir de tous. On doit cette sculpture éphémère à cinq sculpteurs bénévoles (André Michel, André Boisvert, Alain Dionne, Philippe Fleury et Bruno Tassé), avec la collaboration de Réal Authier et de Benoit Millette. Rappe- lons aussi que le choix de cet animal n’a pas été fait au hasard : la tortue a une signification particulière dans les légendes iroquoiennes, qui croyaient que la Terre était une île se trouvant sur le dos d’une grande tortue. Déjà, on songe à répéter l’expérience en 2022.

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