7 mai 2015
Des agriculteurs s’opposent à un projet de bassin à poissons
Par: L'Oeil Régional
Les agriculteurs Gérard Beauchemin et Réjean Blanchette ne veulent rien savoir d'un lac artificiel pour poissons sur des terres agricoles

Les agriculteurs Gérard Beauchemin et Réjean Blanchette ne veulent rien savoir d'un lac artificiel pour poissons sur des terres agricoles

Plan préliminaire de la conception du bassin pour poissons.

Plan préliminaire de la conception du bassin pour poissons.

ENVIRONNEMENT. Le ministère des Transports du Québec (MTQ) projette d’aménager un bassin à poissons sur des terres agricoles en bordure de l’autoroute 20, à Sainte-Marie-Madeleine. Le projet est mal accueilli par le milieu agricole.

Pêches et Océans Canada ainsi que le ministère québécois de l’Environnement obligent Transports Québec à prendre une telle mesure pour compenser les pertes d’habitat de poissons, à la suite de travaux qu’il a réalisés pour stabiliser des berges de la rivière Richelieu.

Le lac artificiel, dont les coûts restent inconnus, se fera en lien avec la rivière des Hurons et sera construit sur des terres agricoles appartenant à l’État.

Le MTQ aura à soumettre prochainement son projet à la Commission de protection du territoire agricole du Québec.

Opposition des agriculteurs

Les agriculteurs ont cultivé pendant des décennies sur ces terres où s’implantera le bassin. Un des futurs voisins du lac artificiel, Réjean Blanchette, a toujours cru que ces terrains lui appartenaient. L’agriculteur a été informé, il y a deux ans, que ces terres avaient été cédées au MTQ lors de la construction de l’autoroute 20.

«Je ne peux pas croire qu’ils vont faire un étang pour les poissons. Une belle terre agricole de même. Ça n’a quasiment pas d’allure», déplore M. Blanchette qui est prêt à racheter les terres.

 

 

Rendements «exceptionnels»  

Le syndicat local de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de la Montérégie Vallée maskoutaine demande au MTQ de déplacer son projet dans une autre zone.

Il considère entre autres que «les rendements obtenus sur ces parcelles sont exceptionnels dû à la présence d’un sol organique (terres noires)», peut-on lire dans leur résolution du 14 avril dernier.  Le syndicat estime que le niveau de l’eau de la rivière des Hurons est «très variable et que le bassin de rétention s’asséchera durant l’étiage empêchant ainsi l’utilisation de l’aménagement par les poissons.»

«C’est le seul cours d’eau qui se jette dans la rivière Richelieu et qui peut compenser le même type de poisson», a soutenu pour sa part la porte-parole du MTQ Est-de-la-Montérégie, Isabelle Buisson.

Le Syndicat de l’UPA Vallée maskoutaine croit, de plus, qu’un tel aménagement faunique en bordure de l’autoroute 20 «risque d’attirer différents animaux et ainsi augmenter les risques de collisions entre ceux-ci et les automobilistes.»

Le conseil municipal de Sainte-Marie-Madeleine a aussi refusé de donner son appui au projet en raison des réserves émises par les agriculteurs et le syndicat.

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