22 février 2018
Dans les coulisses des opérations de déneigement
Par: Karine Guillet

Les véhicules affectés au déneigement ont tous une double fonction durant la saison chaude. photo:Karine Guillet

Les caméras installées dans la Ville permettent de mieux surveiller le territoire. photo: Karine Guillet

Le dépôt à neige, situé dans le secteur industriel, offre un impressionnant paysage. photo: Karine Guillet

Belœil a invité les médias à suivre ses équipes des travaux publics dans le cadre d’une opération de déneigement, avec le directeur adjoint aux opérations, Mario Lachapelle, mercredi dernier.

L’hiver, 24 des 25 employés du département des travaux publics sont affectés au déneigement, alors que le mécanicien restant demeure au garage pour réparer les bris. La Ville consulte trois sites de prévisions météo afin de mieux planifier le déploiement des équipes.
La gestion peut parfois devenir compliquée, puisque la loi interdit aux opérateurs de véhicules lourds de travailler plus de 16 heures, incluant une période maximale de 13h de conduite, sans avoir eu un repos d’au moins 8h. Seul deux équipements ne sont pas régis, sur lesquels les travailleurs peuvent travailler de plus longues périodes.
Les travailleurs ne peuvent non plus effectuer 70 heures de travail sans avoir pris un repos de 24 heures.

GPS et circuits
Tous les camions sont munis de GPS qui permettent à la Ville de suivre les camions et les saleuses. En général, les employés demeurent affectés aux mêmes circuits et aux mêmes véhicules, afin d’augmenter l’efficacité. Le parcours est aussi pensé en fonction du type de véhicule utilisé. Par exemple, un chargeur, plus rapide qu’un camion-benne, entreprendra un parcours plus long.
La Ville donne également à contrat trois circuits.
Cette année, Belœil en a profité pour tester deux modes de déneigement, avec un camion lourd et avec un tracteur. Mario Lachappelle constate que le tracteur a l’avantage d’être plus rapide, mais cause problème lors de températures mixées avec grésil.

Contraintes
Sur la route, les voitures stationnées en bordure de rues étroites compliquent la tâche aux charrues, qui ne peuvent pas descendre la gratte latérale. Les chenillettes affectées au déneigement des trottoirs ont aussi la consigne d’éviter les trottoirs lorsqu’il y des obstacles, comme des voitures stationnées ou des bacs de recyclage. Ces appareils sont légers et pourraient facilement être déplacés s’il y a un obstacle. «À l’instant qu’il y a un risque d’accident ou d’accrochage, il va sortir du trottoir» question de risque», explique M. Lachapelle.
De même, les déneigeurs ont aussi la consigne d’éviter les zones scolaires à l’entrée et à la sortie des classes, de même que sur l’heure du dîner, en raison des risques accrus avec la présence des enfants et des parents.

Caméras et stations météo
Afin de mieux surveiller son territoire, la Ville de Belœil a installé depuis deux ans des caméras sur son territoire aux endroits problématiques, comme le Vieux-Belœil, la rue Saint-Jean-Baptiste (en raison de la poudrerie) et le carrefour giratoire. «Comme c’est un carrefour giratoire, plus il y a de gens et si les gens rentrent trop rapidement, ça a tendance à glacer.»
La Ville possède également depuis cette année deux stations météo, installées en projet pilote au carrefour giratoire et au dépôt à neige. Ces sondes permettent notamment de compiler la quantité de neige au sol, la température au sol et la température de l’air ambiant. Elles permettent aux équipes de connaître avec plus de précision le type de mélange d’abrasif optimal à l’épandage.

Soufflage
Après le déneigement, le ramassage de la neige peut s’effectuer. Lorsque c’est possible, les employés soufflent la neige devant les façades de maison, afin de minimiser d’une part le coût des opérations, mais aussi le risque d’accident accru avec un véhicules lourds. «C’est sûr que les citoyens, de la neige sur leur terrain, ils n’en veulent pas, concède M. Lachapelle. C’est un changement de culture qu’il faut faire.»

Stockage de neige suffisant
Situé dans le quartier industriel, le dépôt à neige de Belœil possède une capacité de stockage de 180 000 m³. Lors du passage de L’Œil Régional, les accumulations de neige avaient déjà formé un impressionnant décor. C’était d’ailleurs la première fois que le directeur des travaux publics voyait le dépôt si plein depuis les quatre dernières années. Contrairement à Montréal, qui peine à trouver de la place, Belœil devrait avoir suffisamment d’espace pour le reste de la saison. En cas de trop-plein, la Ville peut toutefois se rabattre sur un dépôt sur le boulevard Yvon-L’Heureux.
Des entrepreneurs privés, comme le déneigeur du Mail Montenach, paient d’ailleurs pour l’utilisation du dépôt. D’autres municipalités ont demandé à Belœil la possibilité d’utiliser son dépôt à neige cet hiver, dont McMasterville qui ne l’a pas encore utilisé.

Changement climatiques
Selon Mario Lachapelle, qui œuvre dans les travaux publics depuis une vingtaine d’années, l’hiver 2018 est l’un des plus exigeants pour les cols bleus. Il observe d’ailleurs depuis les dernières années que les conditions climatiques ont tendance à changer rapidement. «Des redoux et des fluctuations, c’est quelque chose qu’on ne vivait pas il y a dix ans. C’est sûr qu’il faut s’adapter, revoir nos façons de faire et nos équipements», constate-t-il.
Il précise que des nouveaux équipements semblent intéressants. La Ville de Belœil compte faire l’essai dans les prochaines semaines de brise-glace en avant des tracteurs pour déglacer, qui endommagent moins la chaussée que les niveleuses. Une opération de déneigement à part, qui pourra être effectuée lors de températures comme celles-ci.
D’ailleurs, l’hiver actuel complique notamment les opération de salage. Si les cols bleus mettent de l’abrasif en période de redoux, la neige fond, laissant la chaussée mouillée, et se glace lors de chute de température pendant la nuit. L’opération est alors à recommencer

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