8 novembre 2017
Continuité politique
Par: Vincent Guilbault

Pas même un électeur sur deux a pris la peine de voter à Belœil et à Mont-Saint-Hilaire. À Otterburn Park, c’est à peine un sur trois. Peut-on utiliser le terme pathétique?

Belœil a fait un effort. En plus du vote par anticipation, un projet pilote de la Ville permettait aux électeurs de voter sur un total de six jours. C’est désespérant, je dois le concéder au candidat défait Rémi Landry. «Ils n’ont même pas eu le courage, le cœur, de sortir pour aller voter. [Pourquoi] redonner le pouvoir aux citoyens? Ils n’en veulent pas! […] On est la Vallée où des patriotes se sont battus pour la démocratie il y a 150 ans et sont morts pour la démocratie; et aujourd’hui, on voit que les gens ne sont pas capables de prendre 30 minutes pour aller voter.»
Je le trouve dur toutefois lorsqu’il blâme la population de ne pas prendre son parti au sérieux. Il a quand même attiré 40 % du vote comme candidat à la mairie. Oui, Mme Lavoie l’a emporté. Le problème de M. Landry a peut-être été de croire qu’un débat sur les arguments logiques suffirait. Je sais, on ne peut pas lui en vouloir d’avoir été factuel.
Toutefois, la vérité bien froide et plate, c’est que le bilan de l’équipe Lavoie… n’a rien de catastrophique. On a beau avancer chiffre par-dessus chiffre par-dessus chiffre, les électeurs ont probablement accroché sur deux points. Ils voulaient une piscine; Lavoie en donnera une. Ils voulaient des résidences pour aînés: Lavoie aussi. C’est plus complexe que ça dans la réalité; mais en élections, c’est aussi simple que ça. Sinon, est-ce que ça va si mal à Belœil?
Je me désole toutefois d’apprendre le retrait de M. Landry de la politique municipale. Son regard critique, mais surtout scrupuleux rendait ses interventions nécessaires à Belœil, quoi qu’en disent les gagnants. Une démocratie forte exige le débat. Je lui souhaite bonne chance ailleurs, ce ne sont pas les projets qui manquent dans son cas.
À Mont-Saint-Hilaire, l’infâme dossier de la zone A-16 n’aura pas eu raison de Yves Corriveau. Certes, il perd son allié Normand Leduc dans le secteur, laissant la place à Louis Toner, de l’équipe Vision Citoyenne.
L’équipe Vision Citoyenne aura perdu son pari de faire du dossier A-16 le seul enjeu électoral. Lors de notre rencontre avec le candidat à la mairie Luc-André Matte, nous avons constaté que le parti existait seulement en réponse à ce dossier. Dès qu’on questionnait le candidat sur d’autres sujets que la densité, la discussion tombait dans l’improvisation. En dernière analyse, j’avance que c’est ce qui a couté la victoire.
Et on ne peut pas accuser Denise Loiselle et Jean-Luc Maltais d’avoir divisé le vote. M. Corriveau est ressorti encore plus fort dans son vote que lors de sa première victoire. Encore une fois, comme à Belœil, M. Corriveau se présentait au marbre avec un bilan qui n’avait rien de catastrophique. Le vent de changement, qui a balayé plusieurs villes du Québec, n’était peut-être juste pas attendu ici.

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