24 mai 2019
Consultation non partisane relative aux pratiques de la DPJ
Par: L'Oeil Régional

Bien qu’elle salue la volonté du gouvernement Legault d’aller de l’avant dès l’automne avec la tenue d’une consultation non partisane relative aux pratiques de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), tel qu’annoncé dans La Presse du 11 mai, l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) Montérégie-Est craint un mandat trop restrictif.

« Ce n’est pas seulement le système de protection de la jeunesse comme tel sur lequel il faut se pencher, mais sur l’ensemble des services offerts aux enfants et à leur famille, notamment les services sociaux de première ligne. S’il y a trop d’enfants à la DPJ, c’est en grande partie parce que les mailles du filet de sécurité en amont sont trop larges. La DPJ devrait normalement être un recours ultime », a indiqué Fabienne Chabot, représentante nationale pour la Montérégie-Est.
L’article de Denis Lessard fait état de l’éventuel mandat d’une instance de consultation qui prendrait la forme d’une commission, de sa possible composition et de ses modalités de fonctionnement. Débutant vraisemblablement en septembre, l’exercice pourrait durer jusqu’à 18 mois, sans compter le délai supplémentaire inhérent à la rédaction d’un rapport.
« Nous faisons face à un problème beaucoup plus complexe que la question des listes d’attente. Les facteurs à l’origine de la crise sont plus nombreux qu’il n’y paraît. Il s’agit d’un problème systémique. Voilà pourquoi il faut un mandat plus large et bien ciblé. Assurons-nous de faire les choses correctement pour remédier durablement à la crise », a ajouté Fabienne Chabot.
D’ici là, les grands besoins signalés à la DPJ exigent des actions rapides et adaptées. L’APTS a présenté des pistes de solution à court terme au ministre responsable des Services sociaux, Lionel Carmant, lors d’une rencontre vendredi dernier avec les représentants des intervenants des Centres jeunesse. Le ministre a affirmé que leurs recommandations « ne seraient pas oubliées » et s’est engagé à rencontrer de nouveau la présidente de l’APTS au plus tard le 1er juin à ce propos.
« On parle d’environ deux ans avant la remise d’un rapport de commission au gouvernement, encore plus d’ici à la mise en place des mesures qu’il contiendra. Entretemps, il faut rapidement apporter des mesures énergiques qui permettront d’éviter la répétition d’un drame comme celui de Granby. Le gouvernement doit appuyer les directions de la protection de la jeunesse avec des solutions qui soulagent les intervenants, et non pas qui les surchargent. La DPJ de la Montérégie doit consulter les intervenants et leur syndicat si elle veut s’assurer du succès des prochaines actions. Elle peut compter sur notre entière disponibilité pour en discuter le plus rapidement possible », a conclu Fabienne Chabot.

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