17 octobre 2018
Confusion
Par: Vincent Guilbault
Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

Y a ben fallu en fumer pour la photo de notre page couverture. Ça m’a mêlé. Presque autant que les Villes avec leur réglementation. Mais après une heure, la confusion s’est estompée dans mon cas. Pour les Villes, c’était toujours la même chose; mêlées comme un jeu de cartes.

Bon, je ne vous ferai pas toute l’histoire. Une patente fédérale, passée au provincial et poussée chez les Villes. Les libéraux au pouvoir ont laissé le soin aux municipalités de décider eux-mêmes du cadre règlementaire du cannabis. En gros, le pot, c’est votre problème.
On peut en acheter légalement (pas ici), on ne sait pas trop si on peut en fumer sur le trottoir (ici oui) ou dans notre logement. Combien peut-on en avoir sur soi? Ma collègue a fait le tour pour vous présenter le portrait de la situation dans la région. Un travail de moine. C’est un polaroid, un cliché de la situation le 17 octobre 2018. Ça va bouger rapidement dans les prochaines semaines.
Dans la région, toutes les Villes se sont entendues sur une seule chose, semble-t-il. Rien! Pas de règlement, pas de guide, pas d’idée.
On ne connaît pas la vision des Villes, s’ils en ont une. On peut leur excuser une chose: de s’être fait garrocher la patente d’en haut.
Mais certaines Villes ont déjà été plus proactives. Nos élus auraient pu l’être aussi. Mais bon, nous en sommes là.

Restrictif
La préfète et mairesse de Belœil, Diane Lavoie, nous répond que les Villes risquent d’être plus restrictives que permissives. Parce que c’est la décision facile à prendre, j’imagine. Surtout que c’est la position du nouveau gouvernement caquiste. Mais ça serait une erreur selon moi (et selon le consensus des experts spécialisés dans les questions de la dépendance). Sans refaire le débat ou encore tomber dans l’apologie du pot (ce que je ne fais pas), je persiste à croire que la légalisation du cannabis est d’un point de vue légal la bonne chose à faire. Et plus la loi provinciale ou les règlements municipaux seront restrictifs, moins les impacts sur la criminalité, l’éthique et la santé publique de la loi canadienne seront grands. On va passer à côté de l’affaire.
Mais pour le moment, la situation en est une de flottement, surtout dans la région. Il aurait pu en être autrement.
En discussion avec notre équipe, Frédéric Fortier, directeur de l’organisme en prévention des dépendances L’Arc-en-ciel, se fait un peu plus critique de ce manque de préparation. Sans vouloir se mettre les Villes à dos, il admet toutefois trouver dommage que son organisme n’ait pas été sollicité pour mieux préparer ce moment. Il a offert son aide à plus d’une reprise aux Villes pour les épauler dans cette transition. L’organisme est déjà très présent au sein des écoles; cette expertise aurait pu guider nos élus.
Espérons que le manque de prévision ne nous fera pas errer trop longtemps. Sinon, M. Fortier rappelle aux élus qu’il est toujours disponible pour les appuyer. On le rejoint au 450 446-1661.
M. Fortier me souligne aussi que les municipalités du Québec réclament au gouvernement le tiers des profits reliés à la vente des produits du cannabis; un montant qui doit pour servir à la prévention, disent-elles. M. Fortier espère que les Villes de la région se souviendront de son organisme lorsqu’il sera le temps d’investir ces montants.
Je vous redonne le numéro?

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