7 février 2018
Confiance et optimisme
Par: Vincent Guilbault
Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

«On doit parler de la semaine de 60 heures». Simon a ri à ma question.Le député de Borduas Simon Jolin-Barrette souhaite que les Québécois travaillent plus. Qu’on devrait valoriser la semaine de 60 heures.

Le problème, c’est qu’il n’a jamais dit ça. Mais grâce aux journaux de Québecor, beaucoup le pensent.
Simon Jolin-Barrette a sorti cette semaine un essai sur sa vision de la politique. Ma collègue et moi l’avons rencontré pour parler de cet ouvrage (l’entrevue ici).
Dans les médias sociaux, la fameuse semaine de 60 heures a soulevé un tollé de la part des internautes qui ont rapidement attaqué la proposition du député caquiste.
«Nulle part il n’est écrit dans le livre que je veux que les gens fassent 60 h; je n’ai pas écrit ça, nous répond Simon, preuves en main. C’est important de valoriser le travail, la culture du mérite, de valoriser l’effort […]. Pour ceux qui souhaiteraient travailler davantage, il devrait y avoir des incitatifs fiscaux et sociaux.»
Dans la même page du livre, il mentionne l’importance de la conciliation travail-famille et mentionne comment l’Assemblée nationale est loin de servir d’exemple en la matière (ex: on ne trouve aucune table à langer pour les parents dans l’enceinte de l’Assemblée).
Voilà. Dans l’ensemble, la proposition du député ressemble à ceci: ton travail, ton rendement et ton implication devraient être récompensés. Pas seulement ton expérience ou ton ancienneté.
Je peux sembler prendre ici la défense de notre député. Est-ce parce que je partage ses convictions? Non, au contraire. Clairement, ses idées politiques ne rejoignent pas toutes les miennes. Je ne me reconnais pas dans tous ses propos.
Mes mots n’ont pas l’intention d’encenser ses positions politiques. Il les défendra lui-même.
Non, je consacre ces lignes aujourd’hui, car je trouve très mesquin de frapper sur une personne qui veut parler de confiance et combattre le cynisme en politique.
Le fil conducteur de l’essai est la confiance et l’optimiste. M. Jolin-Barrette respecte le politique. À son invitation, j’avais passé une journée avec lui en 2014 pour comprendre son travail à l’Assemblée nationale.
Je rapportais ses mots en 2014: «J’ai toujours eu beaucoup de respect pour l’institution de l’Assemblée nationale, pour le parlement du Canada, là où on vote les lois. C’est le lieu d’expression démocratique de la population. Pour une nation [c’est important] de pouvoir choisir ses élus, de pouvoir dire: on vous mandate pour faire nos lois. Concrètement, la législation, ça peut paraître éloigné, mais elle a un impact direct dans la vie de tous les jours […]»
Rien n’a changé, même après quatre années comme député. Ce sont les mots (et l’attitude) d’une personne qui refuse le cynisme. En entrevue et en lecture du livre, on sent le respect qu’il porte aux autres parlementaires, au-delà de la partisanerie. Un respect envers les hommes et les femmes qui se consacrent à une vie civile, une vie de service public, de parlementaire. Un amour des institutions.
On a ici un jeune député de 30 ans qui souhaite combattre le cynisme et inviter les jeunes à s’impliquer.
Le titre du livre est J’ai confiance. Réflexions (sans cynisme) d’un jeune politicien.
Mais ce qu’on retient de l’ouvrage de 122 pages, c’est un passage mal rapporté d’un homme optimiste qui valorise le travail… Ben c’est ça.

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