22 juillet 2017 - 15:32
Cinq fugues par jour dans les Centre Jeunesse de la Montérégie
Par: Karine Guillet
Campus de Chambly. Photo: Archives

Campus de Chambly. Photo: Archives

Le nombre de fugues dans les centres jeunesse de la Montérégie a augmenté de 24 % en un an, alors que 1813 fugues ont été enregistrées dans l’un des quatre campus de la région, situés à Longueuil, Chambly, Saint-Hyacinthe et Valleyfield, l’an dernier.

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C’est 347 fugues de plus qu’en 2015. Selon le plus récent rapport sur les fugues du Centre intégré de Santé et de Services sociaux de la Montérégie-Est (CISSSME), les jeunes fugueurs représentent 27 % des 918 jeunes admis l’an dernier. La majorité des fugueurs (67 %) étaient des garçons.

Plus de 80 % des fugues ont duré moins de 24h. Dans 7,5 % des cas, soit 136 fugues, la durée de la fuite a été de plus de trois jours.

Dans la moitié des cas, le jeune est retourné de lui-même au centre jeunesse. Les policiers ont pour leur part ramené les jeunes à leur unité des hébergements 569 fois, ce qui représente 31 % des fugues. Dans 22 cas, le jeune n’est pas retourné au Centre jeunesse.

Dans les lieux d’hébergement

Dans le trois quarts des cas, les fugues ont eu lieu alors que le jeune était sous supervision dans le lieu d’hébergement où il habite. L’autre cas le plus fréquent de fugue (10 %) était lors de sorties autorisées pour l’école ou le travail. Selon le CISSME, certaines des fugues enregistrées dans ce cas sont plutôt des retards de sorties.

Le CISSSME note également qu’il a la responsabilité de saisir la fugue dans un délai maximal d’une heure, alors qu’environ 16 % des fugueurs sont de retour à l’intérieur d’une heure puisqu’«il s’agit souvent d’une sortie pour décompresser et le jeune est retour rapidement à l’unité».

Travail de réflexion

Le CISSSME indique qu’il se penche sur la problématique de la fugue avec ses équipes. Des discussions avec des éducateurs de différents milieux se tiennent pour mettre en place de meilleures pratiques. Des éducateurs de l’unité de Chambly participent d’ailleurs à un projet pilote sur la dynamique de la fugue pour «accompagner les jeunes de façon créative et bienveillante», fait savoir le CISSSME dans son rapport annuel sur la fugue.

Le CISSSME a tenu une journée de réflexion sur le sujet en octobre dernier dans le secteur de Valleyfield avec des partenaires du milieu, dont le milieu scolaire, communautaire et policier, afin de prévenir et contrer la fugue. «Les résultats obtenus nous incitent à reproduire la formule dans les autres régions concernées», indique le CISSSME.

Lors d’une fugue, des études de cas et des rencontres avec le jeune, sa famille et des partenaires sont effectuées.

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