3 novembre 2017
«C’est une vengeance» — Réginald Gagnon
Par: Karine Guillet

Le conseiller municipal sortantt Reginald Gagnon. Photo: Facebook

La publicité des Bourgs de la Capitale.

Mis en demeure par le promoteur Groupe immobilier Potvin, le conseiller municipal sortant Réginald Gagnon croit faire l’objet d’une vengeance pour avoir appuyé ses citoyens dans leur démarche contre l’établissement du projet de résidence pour aînés de six étages du Groupe Maurice à Belœil.

Dans une publicité parue dans nos pages le 1er novembre, Les Bourgs de la Capitale, le développement résidentiel appartenant au promoteur immobilier Groupe Potvin, a voulu rectifier les propos tenus par M. Gagnon lors de la séance extraordinaire du conseil municipal de Belœil du 11 septembre. Le conseiller municipal sortant confirme aussi avoir reçu une mise en demeure mercredi, le sommant de se rétracter publiquement et de s’excuser dans un délai de deux jours.

«C’est une vengeance, lance le conseiller municipal du district 7. Monsieur [André Potvin] n’a pas aimé que le projet de Groupe Maurice ne se concrétise pas parce que moi j’ai défendu mes citoyens et maintenant, c’est à moi d’en payer le prix. C’est sa façon de faire.»

Rappelons que M. Gagnon avait voté contre le projet particulier de construction, de modification ou d’occupation d’un immeuble (PPCMOI) du Groupe Maurice. Plusieurs nouveaux acheteurs de maison et de terrain dans le secteur clamaient n’avoir reçu aucune information concernant la venue d’une résidence pour aîné de six étages dans le voisinage. En séance publique, pour prendre leur défense, M. Gagnon aurait dit que «les citoyens se sont fait dire n’importe quoi» et que «les citoyens n’ont pas eu toute la vérité», affirme le promoteur.

Le conseiller municipal avait toutefois déjà présenté des excuses publiques «à toute personne qui aurait été offensée par (ses) propos» lors de la séance du 25 septembre, précisant toutefois que sa décision demeurait la même, considérant que ses citoyens s’étaient retrouvés devant une situation dont ils n’étaient pas au courant au moment de l’achat de leur terrain. M. Gagnon avait décidé de présenter des excuses puisque le promoteur avait déjà fait des représentations auprès de la mairie, afin de conserver des relations cordiales. Selon M. Gagnon, André Potvin, président du Groupe, était d’ailleurs présent dans la salle à ce moment.

Pas de représentations

N’acceptant pas ce qu’il qualifie «d’insinuation de pratique commerciale douteuse» et d’«attaque directe à son intégrité», le Groupe Potvin, par la plume de Manon Potvin, a tenu à rappeler l’historique du projet dans sa publicité, rappelant que seuls quatre lots avaient été vendus directement par le Groupe entre novembre 2016 et février 2017, avant que les discussions avec le Groupe Maurice ne commencent en mars 2017. Le promoteur dit avoir seulement mentionné aux acheteurs que le terrain était zoné commercial et que la future piscine s’installerait dans le secteur.

En entrevue, Réginald Gagnon réitère que les citoyens n’ont jamais été mis au courant du projet de résidence pour aînés à l’achat de leur terrain. Il nuance toutefois sa position en soulignant que ça ne signifie pas pour autant qu’on a menti aux acheteurs, mais que le projet de Groupe Maurice n’était peut-être pas dans les cartons à ce moment.

Timing douteux

M. Gagnon croit que la publicité est une manœuvre pour nuire à sa campagne électorale. Il considère le délai auquel il doit répondre, de deux jours, très inhabituel. Il se questionne aussi sur le moment choisi pour faire paraître cette mise au point, à quelques jours des élections, plus d’un mois après s’être expliqué publiquement.

«Le délai, c’est qu’il faut que je m’excuse avant les élections. Il y a un facteur stress qui vient avec ça. Tu es en élection, il y a une page complète dans le journal qui te dénigre et en plus tu reçois une mise en demeure», lâche-t-il.

Puisqu’il a déjà fait une mise au point publique, M. Gagnon ne croit pas que le promoteur a des possibilités de recours. Il envisage la possibilité de porter plainte au Directeur général des élections, puisqu’il ne s’agit pas d’une dépense électorale autorisée, croit-il.

Manon Potvin, qui signait la publicité au nom des Bourgs de la Capitale, n’a pas donné suite à notre demande d’entrevue.

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